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Le platine imperturbable

Le 30 juin 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Platinoïdes


Si la plus longue grève de l'industrie minière sud-africaine n'a guère secoué les cours du platine elle a cependant participé au rééquilibrage du marché. A terme, les cours des platinoïdes, en particulier du palladium, devraient s'apprécier.


Cinq mois de grève dans les trois plus importants producteurs mondiaux de platine – les sud-africains Amplats, Implats et Lonmin – n'ont pas suffi à faire bouger les cours du platinoïde, constate Robin Bahr, l'analyste métaux de la Société Générale. Les stocks considérables constitués avant la grève, et le surplus structurel du secteur, avec une consommation de l'industrie automobile en reflux, ont prévenu une pénurie de matière malgré une augmentation  de 300 000 onces des volumes détenus par les fonds indiciels (ETF).

 

Comme souvent, la fin de la grève devrait entrainer mécaniquement une réaction négative des marchés, particulièrement des spéculateurs, note Robin Bahr. Elle peut également entrainer des reports d'achat des industries consommatrices, attendant que cette baisse de cours annoncée se réalise. Mais, une part importante des conséquences de la fin de la grève est déjà incluse dans le cours actuel. Le cours du métal pourrait bien toutefois refluer à nouveau jusqu'à son plus bas de 2014, 1 374 dollars, touché le 4 février. Standard Bank confirme l'impossibilité d'un effondrement durable des cours. La situation est bien différente pour le palladium qui n'est pas prêt de retomber vers les 702 dollars, son point bas de 2014, affirme la banque française. D'autant, rappelle Bahr, que la part de l'Afrique du Sud dans l'offre globale de palladium est sensiblement plus réduite que dans le platine.

 

A plus long terme l'analyste n'ait pas baissier pour les cours du platine et encore moins pour ceux du palladium. Le fait que les travailleurs des mines sud-africaines retournent au travail ne signifie tout d'abord pas que la production de métal raffiné va reprendre demain. Il faudra au moins trois mois pour que la production reprenne à un rythme à peu près normal. L'analyste prévoit même, que comme après le conflit de 2012, la production ne reviendra jamais à son niveau d'avant la grève. Amplats a déjà confirmé son intention de se défaire de ses actifs les moins rentables.

 

Des cours du platine inférieurs à 1 400 dollars l'once, devraient encourager la demande de la joaillerie, en particulier en Chine, le pays qui absorbe à lui seul les deux tiers de la consommation du secteur. Le bas niveau des prix devrait également restreindre tant l'offre de broutille de platine que la disponibilité des pots catalytiques de récupération. Enfin, les investisseurs pourraient augmenter leurs achats pour profiter des tensions du marché que devraient provoquer la limitation de l'offre entrainée par la baisse des investissements dans les mines.

 

Le palladium en déficit

 

Même si les mines retrouvaient leur niveau de production de 2013, le palladium resterait en déficit structurel, affirme la banque française. Bien qu'ayant été bien moins touché que le platine par le conflit – la Russie est un producteur important de palladium – le palladium sera plus résilient à la correction des cours attendue. D'un peu plus de 1 million d'onces en 2013, le déficit du marché devrait bondir à 1,65 million en 2014, refluer à 1,43 million l'année suivante et grimper à 1,88 millions en 2016, estime standard Bank. Assez, prévoit la banque sud-africaine, pour que le cours de l'once touche à nouveau les 900 dollars.

 

L'offre de platine sud-africain qui était remontée à 4,272 millions d'onces en 2013 devrait avoir chuté à 3,1 millions en 2014 et remonté à 3,95 millions l'année suivante. Avec une demande stable de l'industrie automobile et de sensibles hausses des consommations industrielle et de la joaillerie, le marché devrait enregistrer d'important déficits, 1,253 million d'onces en 2014 et 0,59 million l'année suivante. Juste assez cependant pour stabiliser les cours à 1 455 dollars en 2014 et à 1 480 dollars en 2015, prévoit la Société Générale. Des attentes proches de celles de Standard Bank qui table sur une poursuite de la hausse avec un cours moyen de 1 650 dollars en 2016.


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