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Amplats, le numéro un du platine, annonce la suppression de 6 900 postes

Le 20 août 2013 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Platinoïdes


La compagnie minière sud-africaine veut réduire sa production de 250 000 onces par an afin de rééquilibrer le marché du platine et de rétablir sa profitabilité. Une décision qui risque d'envenimer encore ses relations avec les travailleurs du secteur minier.


Huit mois après avoir déclaré vouloir procéder à une réduction drastique de ses effectifs et à une baisse de sa production, Anglo American Platinum (Amplats), le producteur sud-africain qui assure 40% de l’offre mondiale de platine, vient de confirmer son intention de réduire son offre de 250 000 onces par an. A court et moyen terme son objectif de production annuelle sera compris entre 2,2 et 2,4 millions d’onces. Après de longues négociations avec le Département des ressources minérales et les syndicats sous l’égide de la Commission de conciliation, de médiation et d’arbitrage, le groupe a décidé de supprimer 6 000 postes à la production auxquels il faut ajouter 900 postes dans l’encadrement et les services administratifs centraux. En janvier, Amplats avait annoncé son intention de supprimer 14 000 emplois, provoquant l’ire du gouvernement et des syndicats.

 

Cette décision a provoqué une réaction des dirigeants des organisations syndicales qui croyaient avoir trouvé un accord sur la base de suppressions d’emplois ne dépassant pas les 3 000. "Nous sommes choqués par un chiffre aussi important. C'est totalement inacceptable", a déclaré à l'AFP Lesiba Seshoka, porte-parole du NUM, le syndicat historique des travailleurs des mines. "Nous essayons de contrôler la situation... si la société ne renonce pas à son plan, les mineurs se mettront en grève", a menacé Gadaffi Mdoda, un responsable d'Amcu, le syndicat devenu largement majoritaire dans le platine depuis les violents conflits qui ont secoué l’industrie minière du pays en 2012 et 2013.

 

"Le nombre définitif de suppressions d’emplois dépendra de la mise en place de mesures pour les éviter qui incluent des départs volontaires, des départs anticipés en retraite, des redéploiements internes et de la prise de postes vacants", a souligné Amplats. "Ce plan a pour objectif de restaurer la rentabilité du groupe afin de garantir son développement sur le long terme et sa compétitivité dans l'industrie mondiale du platine", a précisé Chris Griffith, le directeur général du groupe. Il a ajouté que la compagnie allait tenter de minimiser l'impact de la restructuration tant sur les salariés que sur les communautés affectées avec la mise en place d'un plan d'accompagnement. Le plan de licenciements démarrera le 1er septembre avec un mois de préavis pour les salariés.

 

Le plan de restructuration dans sa version définitive inclura l'intégration des mines de Khuseleka 2 ainsi que de  Khomanani 1 et 2. Celle de Khuseleka 1 restera opérationnelle. Ces mines, situées dans la région de Rustenburg, perdent de l'argent au rythme de 400 millions de dollars par an a précisé Griffith.  Les mines d'Union North et Union South seront également fusionnées et revendus si un acheteur se présente avec un prix correct. A la réduction globale à court terme de 250 000 onces par an s'ajoutera ainsi à moyen terme une baisse additionnelle de 100 000 onces.

 

La crise minière n'est pas terminée en Afrique du Sud

 

Les licenciements chez Amplats interviennent dans une période particulièrement tendue pour l'industrie minière sud-africaine. Les négociations salariales dans les mines d'or et de platine s'annoncent difficiles. Les compagnies aurifères ne veulent pas lâcher plus de 5% d'augmentation alors que le NUM demande une hausse de 60% du salaire d'embauche et qu'Amcu réclame un salaire minimum de 12 500 rands, ce qui correspond à un doublement de ce salaire d'embauche. Dans les platinoïdes les propositions sont également très éloignées. La situation est envenimée par la poursuite du conflit entre les deux syndicats qui a déjà fait une dizaine de morts en 2012. Malgré le soutien du parti au pouvoir, l'ANC, le NUM a perdu son leadership dans le platine et voit l'Amcu monter de puissance dans les mines d'or.

 

Alors que plus de 30 000 travailleurs de l'automobile sont en grève, également pour des augmentations de salaires, l'économie sud-africaine subit le contrecoup des troubles sociaux. Le déficit budgétaire pour l'année fiscale qui s'est terminée fin mars atteint 5,1% alors que ses comptes courants pour le premier trimestre affichaient un déficit de 5,8%. Le rand a perdu depuis le début de l'année 17% de sa valeur vis-à-vis du dollar, la pire performance des monnaies des principaux pays émergents. Les agences de notation ont dégradé la note du pays pour la premières fois depuis la fin de l'Apartheid en 1994 et le risque de non-paiement de la dette du pays est désormais de 244 point de base, ayant pratiquement doublé en un an. 


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