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Nouvelle-Calédonie : VALE-NC au sud

Vale Nouvelle-Calédonie entre en production
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Depuis le début de l’année, le complexe de production de nickel-cobalt de « Vale Nouvelle-Calédonie » (ex-Vale Inco Nouvelle-Calédonie depuis le 28 mai, ex-Goro Nickel), en construction en Nouvelle Calédonie depuis 2005, entre progressivement en production.

 

Outre la centrale électrique au charbon et le port, le complexe industriel comprend l'usine hydrométallurgique (lire l’encadré ci-dessous) du Grand-Sud pour le traitement du minerai et l'usine de traitement des résidus (lire l’encadré ci-dessous). S’étendant sur 22 hectares, il a été construit à partir de modules fabriqués principalement aux Philippines.

 

D’ici à 2013, la production nominale de l’usine du Grand-Sud devrait atteindre 60 000 tonnes d’oxyde de nickel et 4 500 tonnes de carbonate de cobalt. Au cours du 1er trimestre 2010, deux campagnes d’extraction des produits ont été conduites avec succès. Chaque campagne de mise en service est suivie d’une mise en « arrêt et préservation des systèmes », aux fins d’inspection et d’ajustement des unités de production. Une troisième campagne a démarré début avril. La quantité de produit extrait disponible (360 tonnes de nickel en solution produite lors de la 2e campagne du 1er train d’autoclave) permet de passer à l’étape de purification, pour envisager de délivrer les premières billes de nickel courant avril.

 

Pour mener à bien ces opérations, Vale Inco Nouvelle-Calédonie compte 1 079 salariés directs, dont 965 sur la paie locale (effectif au 27/02/2010). L’entreprise mobilise également 2 810 salariés dans 70 entreprises sous-traitantes intervenant sur son site industriel (chiffres au 02/02/2010).

 

Quelques chiffres sur le nickel

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Un projet de 4,3 milliards de dollars mené sur 15 ans

Une quinzaine d’années auront été nécessaires pour mettre en activité le complexe nickélifère de « Goro », puisque l’étude de faisabilité du projet avait été lancée par le mineur canadien Inco en 1995.

Signe de la difficulté du projet, sa réalisation a épuisé cinq directeurs ces six dernières années alors que le budget initial du projet triplait pour atteindre 4,3 milliards de dollars. Un montant qui le place sur le podium des investissements industriels en France, juste derrière l’EPR de Flamanville (Manche) et l’ensemble du projet micro-électronique de STMicroelectronics et divers partenaires de « Crolles » (Isère).

Le canadien Inco qui, dans le cadre de l’effort de guerre (1939-1945), avait raffiné du minerai néo-calédonien produit par la SLN, s’était intéressé aux richesses minières du Caillou depuis les années 1950, en association avec Edouard Pentecost. En 1992, il rachetait des droits miniers sur le gisement de Goro en accord avec le BRGM qui, initialement, était associé au projet.

En 1999, une usine pilote testait à Goro le précédé hydrométallurgique choisi pour extraire le nickel et le cobalt. Dès 2002 cependant, le projet est provisoirement abandonné pour raisons économiques. Ses promoteurs envisageaient de revoir à la hausse (+ 40 %) le budget de 1,45 milliard de dollars prévu initialement pour développer le projet.

En 2005, les provinces néo-calédoniennes rachètent la part du BRGM dans Goro Nickel. Les autres partenaires sont alors Inco (69 %) et les japonais Sumitomo et Mitsui (21 %). La construction des 400 modules qui vont composer l’usine démarre aux Philippines.

Le chantier sera perturbé pendant plusieurs années par l’opposition des populations locales et des écologistes. En 2006, Inco est racheté par le brésilien Vale – connu à l’époque sous son acronyme, CVRD –, numéro un du minerai de fer. Le Brésilien estime alors que ce sont 3 milliards de dollars, une nouvelle hausse de 40 %, qui seront nécessaires à l’achèvement d’un chantier dont la date a encore été reportée. Les travaux de terrassement sont parachevés et les premiers modules livré.

Début 2007, le responsable du site, Ron Renton, qui avait succédé à Pierre Alla – est remplacé par Phil du Toit. Le projet doit être terminé fin 2008 et ne coûtera pas plus de 3 milliards de dollars affirme le directeur général de CVRD, Roger Agnelli. Début 2008, Phil du Toit confirme la fin de la construction du complexe pour la fin de l’année à un coût de 3,2 milliards.

Vale, qui a consacré 18 % de l’investissement total sur le site à la protection de l’environnement admet que le prix du projet va encore augmenter. Annoncée pour juillet 2009, la fin des travaux sera réalisée en fin d’année, mais le budget final est désormais de 4,3 milliards de dollars. Peter Poppinga succède à la tête du projet à Michel Sylvestre qui avait remplacé un an plus tôt Phil du Toit. Le 19 décembre Goro Nickel devient Vale Inco Nouvelle-Calédonie.

C’est finalement cette année que l’autoclave, puis la raffinerie entrent en activité. La montée en puissance de la production se fera très progressivement.

 

 

Diaporama : Le site de Vale Inco en Nouvelle Calédonie

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L’usine hydrométallurgique

L'usine de traitement du minerai utilise la quatrième génération du procédé hydrométallurgique adapté au nickel, développée par Inco. L’utilisation de la lixiviation à l'acide sous pression (PAL, Pressure Acid Leaching en anglais) consomme moins d'énergie, respecte d'avantage l'environnement et est plus économique que les méthodes traditionnelles d'extraction (pyrométallurgie), explique l’entreprise. Surtout, il permet de valoriser le minerai latéritique à plus faible teneur. Ce procédé se déroule en quatre étapes : extraire ; purifier ; séparer ; traiter.
 
L’usine de traitement des résidus

Une fois le minerai extrait pour produire l'oxyde de nickel et le carbonate de cobalt, restent des résidus solides et liquides. Ils sont envoyés vers l'usine de traitement des résidus afin d'être neutralisés avant leur rejet. L'eau est recyclée dans le circuit à hauteur de 60% et certaines des matières utilisées dans le procédé sont aussi réintroduites dans le circuit. Les résidus qui n'ont pu être recyclés sont neutralisés au calcaire et à la chaux. Les résidus solides neutralisés seront utilisés pour combler les cellules minières au fur et à mesure de l'avancement de la mine, afin de reconstituer le paysage et de procéder à la réhabilitation végétale. L'effluent liquide traité est évacué vers la mer. Il est compatible avec le milieu marin, affirme Vale Inco, en raison d’un pH comparable à celui de l'eau de mer, de même que sa composition en éléments dissous (sodium, chlorure, sulfate magnésium, calcium, manganèse principalement).

 


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