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Saumon contre mine de cuivre en Alaska

Le 03 mars 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Pêche


Un projet géant de mine de cuivre en Alaska est remis en cause en raison des dégâts qu'il ne manquerait pas de poser à la plus grande réserve mondiale de saumon rouge.


L'Agence américaine de protection de l'environnement, l'EPA, a porté un coup qui pourrait s'avérer mortel au projet de mine de cuivre de Peeble, en Alaska. Ce projet de mine à ciel ouvert, porté par Northern Dinasty Minerals, une compagnie minière basée à Vancouver et cotée à Toronto et New-York, est le plus important d'Amérique du Nord. Ses réserves de cuivre, 25 millions de tonnes, le place parmi les plus importants du monde, avec une taille proche de celle de Grasberg en Indonésie. Bénéficiant également d'importantes réserves d'or et de molybdène, ses coûts d'extraction, selon ses promoteurs, devraient s'établir parmi les plus bas du secteur. 
 
"Des études scientifiques étendues ont donné d'importantes raisons de croire que la mine de Peeble aurait un impact négatif important et irréversible sur les eaux de Bristol Bay et ses importantes réserves de saumons", a expliqué Gina McCarthy, l'administrateur de l'EPA. La mine de Peeble est située au bord de Brisol Bay dont l'écosystème contient près de la moitié des saumons rouges sauvages du monde. La baie est également le lieu de frai des cinq grandes familles de saumons du Pacifique. Outre les environnementalistes, le projet minier se heurte à l'hostilité des populations locales qui vivent de la pêche ainsi qu'aux compagnies de pêche industrielles. 
 
Le sénateur démocrate Mark Begich, qui est en pleine campagne électorale, s'est violemment opposé au projet. "C'est la mauvaise mine au mauvais endroit", a résumé le sénateur, s'opposant au gouverneur républicain de l'Alaska, Sean Parnell qui affirme que l'étude scientifique n'était "guère plus qu'un prétexte permettant à l'EPA de mettre son veto au permis de l'Etat". A terme, ce projet aurait pu créer jusqu'à 15 000 emplois, expliquent ses promoteurs. 
 
Selon Northern Dinasty Minerals, 720 millions de dollars ont déjà été investis dans le projet. Toutefois, le géant Anglo American, qui était partenaire du projet, s'en est retiré l'an dernier, passant 300 millions de dollars par pertes et profits. Un autre géant du secteur, Rio Tinto, qui détient 19,1% de Northern Dinasty Minerals, envisage également de se retirer. Il a passé en 2013 pour 131 millions de dépréciation d'actifs sur cette participation qu'il avait acquis pour 200 millions de dollars. Le groupe anglo-australien veut se concentrer dans le cuivre sur Grasberg, ainsi que sur deux projets en Arizona et au Pérou. Les grands groupes miniers ne veulent pas se mêler à des projets controversés.

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