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Rio Tinto Alcan va céder des alumineries et des raffineries d’alumine

Le 17 octobre 2011 par Daniel Krajka


Rio Tinto va céder des actifs non stratégiques de l’amont de sa branche aluminium. Nouveau changement de propriétaire pour l’alumine de Gardanne.

Quatre ans après le rachat d’Alcan pour 38 milliards de dollars, le géant minier diversifié Rio Tinto poursuit la restructuration de ses actifs aluminiers. Après avoir revendu une grande partie de ses activités avales, c’est la partie amont qui sera touchée, a annoncé le groupe après une « étude stratégique » destinée à un recentrage sur ses actifs les plus rentables, en vue d’améliorer ses résultats. La société australo-britannique va céder pas moins de 13 actifs, dans la bauxite, l’alumine et l’aluminium. Elle va recentrer son activité autour des alumineries canadiennes, alimentées par des centrales hydroélectrique, gardant également la mine de bauxite australienne de Weipa, qui assure près de deux tiers de ses besoins.

 

Les cessions se dérouleront progressivement, en fonction des opportunités. Dans un premier temps six actifs situés en Australie et en Nouvelle-Zélande seront regroupés dans une nouvelle structure baptisée « Pacific Aluminium ». Cette entité sera gérée indépendamment du groupe avant la vente des actifs. Ceux-ci incluent en Australie la mine de bauxite et la raffinerie d’alumine de Gove, l’aluminerie de Boyne et la centrale thermique qui lui est dédiée ainsi que les alumineries de Tomago et Bell Bay. En Nouvelle-Zélande, c’est une aluminerie qui sera vendue.

 

Un  deuxième groupe d’actifs « non stratégiques » continuera d’être géré par Rio, en attendant de trouver acquéreurs : aux Etats-Unis, l’aluminerie de Sebree ; au Royaume-Uni l’aluminerie de Lynemouth, dont la fermeture est également envisagée, et sa centrale électrique ; enfin, en Allemagne et en France, trois raffineries d’alumine de spécialités, dont le site historique de Gardanne. « Les actifs identifiés pour la cession sont des entreprises saines, bien gérées, avec une main-d’œuvre productive. Mais elles ne font plus partie de notre stratégie et nous estimons que leur avenir sera brillant avec de nouveaux propriétaires », a expliqué Tom Albanese, le directeur général de Rio Tinto.

 

Ces cessions dans l’amont de l’aluminium ne sont pas négligeables. Elles représentent près de 20% des capacités d’extraction de bauxite et de production d’aluminium ainsi qu’environ 25% des capacités de raffinage d’alumine du groupe. La valeur des 13 actifs est estimée à 8 milliards de dollars par les analystes de la Deutsche Bank – dont 6,5 milliards pour Pacific aluminium, une somme qui devrait être réinvesti dans le minerai de fer, la branche la plus génératrice de profit du groupe. « Nous ne sommes pas pressés de vendre », a précisé Jacynthe Côté, la responsable de la branche aluminium de Rio, sans donner le nom de repreneurs potentiels. Ce ne devraient pas être les autres géants de l’aluminium, estiment les analystes, tablant plutôt sur des entreprises de taille moyenne. La décision a été saluée par une hausse de 3% de la valeur de l’action Rio Tinto en Australie.

 

Il y avait, au 31 décembre 2010, 394 salariés employés sur le site de Gardane. La raffinerie, dont la capacité est de 63 500 tonnes, a produit 38 000 tonnes d’alumine en 2008, date à laquelle sa production s’est arrêtée. Depuis, ce site n’élabore que des alumines de spécialités, non destinés à la production d’aluminium. En 2010, Rio Tinto Alcan a produit 631 000 tonnes d’alumines de spécialité sur plusieurs sites. Outre Gardanne – dont la production était de 450 000 tonnes –, ce sont en France La Bâthie et  Beyrède, Teutschenthal en Allemagne, Vaudreuil au Canada et Brockville aux USA, cédé à Axens en septembre 2010.

 


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