imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Quel avenir pour l’aluminium primaire en Europe ?

Le 12 septembre 2011 par Daniel Krajka


La production d’aluminium primaire continue de subir de tarifs de l’électricité trop élevés en Europe. Le recyclage et les importations du Moyen-Orient compenseront la baisse de la production.

Pour les orateurs qui se sont succédés à la tribune de la conférence internationale organisée la semaine dernière par le Metal Bulletin, le thème principal était bien sûr la Chine. Certains se sont cependant penchés sur la production et la consommation d’aluminium en Europe. Président des activités européennes de Novelis, Tadeu Nardocci, a rappelé que la production d’aluminium primaire en Europe ne couvrait que 21% de la demande. Si la production d’aluminium secondaire assure 33% de cette demande, les industries consommatrices doivent importer le reste, soit 46% de la demande totale.



 

Il va donc falloir d’avantage recycler, affirme Nardocci qui dévoile un objectif ambitieux : 80% des besoins de Novelis devront être couverts par le recyclage contre 34% actuellement. Un chiffre d’autant plus difficile à réaliser que la filiale du groupe indien Hindalco compte porter sa production globale de 3 à 4 millions de tonnes d’ici à 2015. Le groupe construit un centre de recyclage d’une capacité annuelle de 50 000 tonnes sur son site d’Alunorf à Neuss, en Allemagne, et augmente la capacité d’un autre site, Pieve Emanuele, en Italie. Si l’Europe récupère une grande quantité de déchets d’aluminium, elle en exporte plus d’un million de tonnes vers les pays émergents, Chine en tête. « Nous avons besoin de ces scraps », a souligné Nardocci.

 

Les intervenants au congrès, dirigeants de groupes aluminiers en premier, ont martelé l’importance de l’accès à des sources d’énergie abondante et bon marché pour produire de l’aluminium primaire. Un domaine où l’Europe – à deux exceptions près, la Norvège et l’Islande – n’est pas compétitive. Dans un contexte économique difficile, la dirigeante de Rio Tinto Alcan, Jacynthe Coté, a rappelé que les alumineries européennes étaient défavorisées par des coûts de production plus élevés que ceux de leurs concurrents. Entre 2000 et 2010, la production d’aluminium primaire en Europe a stagné par rapport à la consommation et depuis son pic de 1990 la production a baissé de 38,7%.

 

« Des tarifs de l’énergie stables, à long terme et à un niveau compétitif sont nécessaires pour opérer des alumineries viables », a souligné Coté qui pointe également des régulations plus contraignantes en Europe. Rio Tinto Alcan, comme ses concurrents, a fermé des unités en France, au Royaume-Uni et en Suisse, mettant en avant sa volonté d’être un aluminier avec des coûts de production parmi les plus bas. Le groupe s’est tourné vers les pays du Golfe pour trouver cette indispensable énergie à bon marché, en l’occurrence le gaz naturel. Cette région devrait assurer pas moins de 5 millions de tonnes d’aluminium d’ici à 2015, suffisamment pour compenser les fermetures à venir qui ne manqueront pas de réduire la production européenne.



Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation