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Molycorp dans le rouge

Le 14 décembre 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux critiques


 

Le producteur américain de terres rares, pris entre des coûts en hausse et l’effondrement des prix, a viré son directeur général et réduira drastiquement ses dépenses. 

 

Molycorp, le premier producteur de terres rares hors Chine, vient de changer de direction. Son directeur exécutif, Mark Smith, a été remercié et c’est le vice-président, Constantine Karayannopoulos, qui exerce provisoirement la fonction. Ce départ n’a rien à voir avec l’enquête des autorités boursières américaines (la SEC) sur la véracité des comptes de l’entreprise, a souligné le président de Molycorp, Ross Bhappu. Mark Smith « avait perdu sa crédibilité vis-à-vis d’un certain nombre d’actionnaires, d’investisseurs potentiels et d’analystes », a commenté Michael Gambardella, un analyste de JP Morgan.

 

La firme de Greenwich Village (Colorado) a atteint « un point naturel d’inflexion, son attention doit passer du développement au fonctionnement de ses opérations », a expliqué Ross Bhappu. La compagnie minière a investi massivement dans le projet Phœnix de remise en activité de sa mine de Mountain Pass, en Californie. D’ici à la fin de l’année, au terme de sa première phase de développement, cette mine devrait être en mesure de produire 19 050 tonnes par an d’oxydes de terres rares.

 

Toutefois, comme pour d’autres projets miniers, ses coûts de développement se sont envolés. Début 2012, le coût estimé des deux phases de développement était de 718 millions de dollars ; il est désormais de 1,25 milliard. En conséquence, les dépenses du groupe pour l’année terminée fin septembre 2012 ont grimpé à 1,31 milliard de dollars, contre 169 millions pour l’exercice précédent. Dans le même temps, Molycorp a subi de plein fouet le recul de la demande et l’effondrement des prix des terres rares. Les prix du kilogramme d’oxyde de lanthane et de cérium – les deux principales productions de Molycorp – culminaient en 2011 à plus de 100 dollars. Ils sont tombés à respectivement 13 et 15 dollars,

 

Pris entre la chute des prix des terres rares et l’envol de ses coûts, Molycorp, qui n’était pas endetté il y a un an, l’est devenu à hauteur de 780 millions de dollars en septembre. En août il a levé 528 millions de dollars en émettant des obligations convertibles. Une opération qu’il devra renouveler, estime Michael Gambardella. En un an, la valeur de l’action Molycorp a été divisée par huit. Constantine Karayannopoulos devra trouver « un matelas de numéraire confortable » en générant du cash, en réduisant les coûts et en trouvant de nouvelles sources de financement et de crédit, a indiqué la compagnie minière. 


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