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Le nickel toujours en surplus

Le 23 août 2013 par Daniel Krajka


Le redressement des cours du métal n'est que provisoire dans un marché durablement plombé par la forte augmentation de l'offre. Seule la limitation des exportations indonésiennes de minerai de nickel pourrait raffermir le marché. 


Après avoir bondi de 13 200 dollars début juillet à près de 15 000 dollars le 12 août, la cotation de la tonne de nickel à trois mois sur le LME est retombée vers les 14 500 dollars le 22, loin de son niveau de début d'année quand elle culminait à 17 500 dollars. En baisse de près de 17% depuis le début de l'année, le métal du diable est le non-ferreux qui affiche le plus important recul en 2013.

 

Malgré le récent rebond des cours du nickel – qui a profité de la meilleure tenue des métaux de base –, les perspectives du marché n'incitent pas à  l'optimisme, estime Jim Lennon de Macquarie Research. Les dernières données publiées par l'International Nickel Study Group confirment l'important surplus du marché. Surplus qui se vérifie dans les entrepôts du LME où les stocks ont bondi depuis le début de l'année de près de 50% pour approcher les 210 000 tonnes. Cette hausse globale des stocks s'est accentuée en juillet et en août, suite à la réduction sensible et saisonnière de l'activité des producteurs d'acier inoxydable qui assurent les deux tiers de la consommation du métal du diable. La hausse des volumes de nickel dans les entrepôts du LME a été en partie provoquée par des transferts de stocks chinois vers l'ouest, indique Lennon. Une autre partie des stocks commerciaux du pays est venue rejoindre les stocks stratégiques du SRB, probablement pour soutenir le numéro un chinois du nickel, l'entreprise d'Etat Jinchuan.

 

Bien qu'environ 35% des capacités soient dans le rouge, les producteurs ne donnent guère de signe de réduction de leur offre, souligne Grant Sporre de Deutsche Bank. La baisse de leurs coûts et surtout la dépréciation des monnaies dans les pays producteurs a offert un répit aux producteurs. De nombreux nouveaux projets sont en phase d'achèvement et les compagnies minières tablent sur la montée en puissance de ces nouvelles unités pour réduire leurs coûts de production.

 

Selon Lennon seul un choc brutal provoqué par l'annonce d'une réduction substantielle de l'offre ou d'une chute des exportations indonésiennes de minerai à destination de la Chine et du Japon pourrait améliorer durablement les fondamentaux de ce marché. Selon la banque australienne, la production chinoise de nickel a fortement augmenté durant le premier semestre 2013, et pas seulement pour la fonte de nickel comme en témoigne l'augmentation de ses importations de produits intermédiaires. Par contre la production du reste du monde a faibli. La fermeture de Mechel en Ukraine et la réduction de la production de Lomo de Nikel au Venezuela n'ont pas compensé la montée en puissance d'Ambatovy au Venezuela. Le brésilien Norilsk et le russe Norilsk ont également vu leur offre décliner.

 

Au deuxième semestre, Glencore Xstrata va augmenter la production de ferronickel de son complexe de Koniambo en Nouvelle-Calédonie alors que Mitsui et Sumitomo Metal mettront en production commerciale l'usine hydrométallurgique de Taganito aux Philippines. Mais, rappelle Jim Lennon, le facteur clef est toujours le niveau de la production chinoise de fonte de nickel. La banque australienne table sur une réduction de 42 500 tonnes par rapport au premier trimestre. Baisse qui devrait se poursuivre en 2014 avec une production annuelle inférieure de 32 500 tonnes à celle de l'année précédente. A condition toutefois que les fermetures de capacités à coûts de production élevés excèdent les ouvertures de nouvelles capacités plus rentables et que l'Indonésie réduisent ses exportations de minerai.

 

Remontée des cours à long terme

 

Jim Lennon attend une demande forte au deuxième semestre, tirée par une production d'acier inoxydable en hausse de 7% par rapport à l'année précédente. Toutefois, l'ensemble de la hausse a été assurée par une augmentation de l’offre chinoise de 18,3%. Ce qui s'est traduit par un envol des exportations chinoises d'inox, en augmentation de 51,3% sur un an, ce qui n'a pas manqué de peser sur la production dans les autres régions. Les productions française, italienne et plus encore allemande (-9,1%) vont enregistrer des baisses en 2013 par rapport à l'année précédente. 


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