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La mine ce n’est pas le Pérou

Le 30 mai 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


 

Les conflits entre compagnies minières et populations locales vont ralentir le développement minier du Pérou. 

Le bilan des affrontements qui a opposé des habitants de la province de Cusco au Pérou à la police est lourd :au moins deux morts et une cinquantaine de blessés. Plusieurs centaines de manifestants avaient barré les routes d’Espinar pour s’opposer aux projets de la compagnie minières anglo-suisse Xstrata, qu’ils accusent de polluer la région. Très présent au Pérou, la firme de Zoug veut développer sa mine de Tintaya ainsi qu’une autre, Las Bambas, dans le sud du pays. Se disant désolé par la tournure prise par les évènements, un porte-parole de Xstrata a affirmé que l’entreprise se conformait à toutes les règlementations environnementales. Le groupe a investi également 3% du profit net généré par sa mine de Tintaya, soit 11 millions de dollars, dans des projets locaux.


Les opposants à la mine veulent que la contribution de la mine à l’économie locale soit portée à 30% de son profit net, affirmant qu’elle n’avait guère participé à la baisse de la pauvreté dans la région. Les conflits entre les compagnies minières et les populations locales sont courants au Pérou. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ollanda Humala en juillet dernier, pas moins de 10 personnes ont déjà été tuées dans ce type de conflits. Lors des 5 années de présidence de son prédécesseur, Alan Garcia, le bilan s’était établi à 174 morts.

Xstrata a d’importants projets cuprifères au Pérou. Le quatrième producteur mondial de métal rouge a l’intention de pratiquement doubler à 160 000 tonnes par an, sa production de cuivre de Tintaya. Il prépare également un investissement de 4,2 milliards de dollars sur le site de Las Bambas. Il produirait alors 400 000 tonnes du cuivre sous forme de concentré ainsi que de nombreux sous-produits (or, argent et molybdène). Un projet qui pourrait entrer en activité en 2014.

Deuxième producteur mondial de cuivre, derrière le Chili, le Pérou nourrit d’importantes ambitions pour le développement de son secteur minier. Toutefois, le nouveau président du pays devra résoudre les contradictions entre les intérêts divergents des populations locales, qui n’ont guère bénéficié du boom minier et les compagnies minières accusées de polluer. La résolution des conflits sociaux est le préalable nécessaire à la réalisation des 50 milliards d’investissement du secteur privé, dont une grande part dans le secteur des ressources naturelles.

Outre Xstrata, un autre géant minier, Newmont Mining, pourrait annuler un investissement de 4,8 milliards de dollars, le plus important à ce jour dans un projet miner du pays. Minas Conga est une mine d’or et de cuivre qui pourra employer 1 600 travailleurs durant sa période d’exploitation et jusqu’à 7 000 durant sa construction. Ici encore, le projet se heurte à l’hostilité de la population locale. Pour sécuriser son développement, des entrepreneurs privés n’ont pas hésité à créer un collectif et à organiser une grande manifestation le 29 mai. Newmont doit prendre une décision après avoir vu une sensible augmentation des contraintes environnementales liées à son projet. Dans tous les cas, les coûts d’exploitation ne pourront qu’augmenter et soutenir le niveau élevé du prix du cuivre.


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