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La Chine stocke les terres rares

Le 17 juillet 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Métaux critiques


 

Le Dragon va consacrer près d’un milliard de dollars à la constitution d’un stock stratégique.

 

Les rumeurs de constitution d’un stock stratégique de terres rares ont été confirmées par des déclarations de hauts-fonctionnaires chinois. Shi Yaoqiang, an responsable de la division Terres Rares du ministère de l’Industrie et des Technologies de l’Information a déclaré que le programme avait démarré l’an dernier. Un dirigeant de Baogang Group, la maison-mère de Baotou Steel Rare Earth Hi-Tech Co., le numéro un chinois du secteur, a précisé au China Daily que pas moins de 6 milliards de yuans, 949 millions de dollars, y seraient consacrés. « Le stockage de terres rares est une stratégie adoptée par de nombreux pays, notamment le Japon, afin de sécuriser le développement de leurs industries de hautes technologies », a expliqué Shi Yaoqiang, lors d’une conférence qui s’est tenue à Zhengzhou, dans le Hunan.

Les terres rares stockées sont des terres lourdes, particulièrement recherchées, Yttrium, Dysprosium, Terbium and Europium. « Ces quatre terres rares lourdes sont critiques pour le green-tech, le high-tech et les armements les plus avancés », a souligné Daniel McGroarty, President d’U.S. Rare Earths. Cette entreprise développe ses propres projets d’extraction de terres lourdes dans l’Idaho et le Montana. L’U.S. Magnetic Materials Association (USMMA) a déclaré que l’annonce chinoise de la constitution de ce stock stratégique confirmait la nécessité de constituer une filière terres rares échappant au contrôle de la Chine. Une nécessité d’autant plus critique que, selon le patron de Molycorp, Mark Smith, La Chine devrait rapidement devenir importateur net de terres rares afin de développer sa production aval, en particulier la fabrication d’aimants permanents.

Pour faire face à la main mise de la Chine sur ses Terres rares les Japonais ne restent pas inactifs. Dernier projet en date, un important producteur de matériaux stratégiques, Shin-Etsu Chemical, a signé un accord avec le producteur australien Alkane Resources. Le mineur va réaliser un vieux projet minier, Dubbo, en Nouvelles Galles du Sud. Contrairement à Lynas qui a construit sa propre usine de traitement et de séparation en Malaise, le minerai extrait sera traité au Japon, dans les capacités de séparation et de raffinage de Shin-Etsu. Outre le paiement pour le traitement, Shin-Etsu aura une priorité pour l’achat d’une fraction importante du minerai extrait. Alkane Resources est prêt à vendre 10% de son projet pour 200 millions de dollars.

Nommé Dubbo zirconia project (DZP), le projet contient quatre minerais différents. Les pourcentages de revenus du gisement sont estimés à 39% pour le zirconium, 22% pour le niobium, 21% pour les terres rares légères et 18% pour les terres rares lourdes. La production annuelle est attendue à 1 120 tonnes pour les terres lourdes et 3 050 tonnes pour les terres légères. Une estimation de l’investissement nécessaire réalisée en septembre dernier le chiffrait à 893 millions de dollars. 


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