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Les tensions sur l’aluminium vont se maintenir

Le 04 juillet 2011 par Daniel Krajka


Le rebond de la demande, l’augmentation des tarifs de l’électricité et un ralentissement du développement des capacités de raffinage d’alumine en Chine se conjuguent pour soutenir les cours.

La production globale d’aluminium a puissamment rebondi après la Grande Récession, battant record sur record pour atteindre en mai une production annualisée de 43,7 millions de tonnes (M), relève l’analyste de Merrill Lynch BoA, Michael Widmer. A l’exception de l’Amérique Latine, toutes les régions ont participé à ce rebond, en particulier les pays du Golfe dont la progression sur un an approche les 30%.

 

 

Dans le même temps, les stocks détenus dans les entrepôts du LME ont continué de grimper, en particulier à Detroit où est aujourd’hui stocké près d’un quart du métal léger contrôlé par la bourse londonienne de métaux. Depuis six semaines cependant, les stocks ont commencé à se dégonfler pour repasser sous les 4,5 Mt. Ces réserves pléthoriques n’empêchent cependant pas les tensions sur le marché physique car une grande partie est actuellement immobilisée par des montages financiers (http://indices.usinenouvelle.com/metaux-non-ferreux/les-cours-de-l-aluminium-mines-par-les-stocks.1961).

 

La solidité de la demande est visible pour certains secteurs de l’économie. Les ventes d’automobile ont sensiblement rebondi aux Etats-Unis alors qu’en Chine, si la production automobile a subi les contrecoups des tremblements de terre au Japon, l’industrie électronique est dynamique. Les tensions sur le marché devraient être réduites par la prochaine augmentation des rythmes de sortie des entrepôts que va mettre en place le LME en 2012. Mais l’accélération des sorties des magasins ne devrait pas provoquer d’afflux massif susceptibles de faire plonger les cours, affirme Widmer.

 

Le prix de l’aluminium sera toujours plus dépendant de l’évolution des coûts de ses intrants,  plus que par des contraintes capitalistiques, la disposition d’énergie abondante et bon marché étant le facteur décisif pour les alumineries. Le prix de l’alumine avait touché un plus haut en 2006, rappelle l’analyste, entraînant d’importants investissements dans les capacités de raffinage, particulièrement en Chine. Cette augmentation des capacités avait alors provoqué une baisse régulière des importations chinoises de poudre blanche.

 

 

Pour alimenter leurs raffineries, les Chinois ont fortement augmenté leurs achats de  bauxite lors des cinq dernières années. Principale province productrice avec un tiers de la production d’alumine du pays, le Shandong a principalement acheté sa bauxite à l’Indonésie. Mais les aluminiers vont devoir trouver des sources d’approvisionnement alternatives car l’Indonésie a décidé d’arrêter d’exporter des matières primaires. L’exploitation des ressources chinoises, de qualité inférieure, ou une augmentation des importations d’autres pays – Australie, Guinée, Brésil – ne pourra qu’augmenter les coûts, notamment du transport. Cette restriction de la capacité d’augmentation du raffinage d’alumine ne pourra en retour que freiner un développement de la capacité de production d’aluminium déjà touché par les tarifs élevés de l’électricité. 

 

 

Pour l’analyste de la banque américaine, cette conjoncture va permettre à l’aluminium de rattraper une partie du retard pris sur le cuivre lors du rebond des cours depuis deux ans. Il attend la moyenne des cours de la tonne de métal léger à 2 550 dollars en 2011 et à 2 750 dollars l’année suivante. Des prévisions très proches des derniers chiffres publiés par Barclays Capital, à 2 620 et 2 750 dollars.

 



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