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Les mines de cuivre vont continuer de décevoir

Le 22 août 2012 par Daniel Krajka


L’augmentation de l’extraction de cuivre va continuer de subir la baisse progressive des teneurs du minerai. Les nouveaux projets vont toutefois augmenter l’offre de métal rouge.

 

 

Après deux années de quasi-stagnation de la production mondiale de minerai de cuivre, 2012 était supposé bouleverser la situation avec l’ouverture de nouveaux gisements, rappelle Gayle Berry dans le dernier Metal Magnifier publié par Barclays Capital. Une fois de plus cependant les résultats annoncés par les grandes compagnies minières ont obligé les analystes indépendants à réviser régulièrement à la baisse leurs anticipations de production de métal rouge. 




 




 

La baisse de teneur du minerai extrait est le thème récurent du marché du cuivre, limitant l’augmentation de la production de métal raffiné. Le taux moyen de métal contenu dans le minerai de cuivre est ainsi passé de 1,47% dans les années 1990 à 1,20% dans les années 2000. Pour les années 2020 il pourrait tomber sous les 1%, à 0,98% précisément, malgré un rebond attendu à court terme suite à l’ouverture de plusieurs nouveaux projets.




 




 

Des problèmes techniques, comme ceux qui ont affecté Kennecott dans l’Utah ou Collahuasi au Chili, ont aussi contribué à limiter la production. La baisse des cours du cuivre va également inciter les compagnies minières à réduire leurs dépenses d’investissement, une tendance accentuée par la volonté des actionnaires de faire augmenter leurs dividendes et par les incertitudes du marché. La réduction des investissements va entrainer l’obligation de traiter plus rudement les équipements tout en les remplaçant moins souvent, ce qui ne pourra qu’amener une multiplication des incidents et des interruptions de la production, met en garde Gayle Berry.

Les résultats publiés par les grands groupes du secteur indiquent une baisse de la production au 2e trimestre sur un an de 3% mais un rebond de 15% par rapport au trimestre précédent. La mine géante de Grasberg en Indonésie a vu sa production reculer d’un tiers par rapport à l’année précédente alors que Rio Tinto a vu sa production baisser de 8%. Parmi les mines d’Anglo American, celle de Los Bronces a bénéficié de l’ouverture d’une nouvelle partie souterraine alors que celle de Collahuasi souffre toujours de la baisse de teneur du minerai.

Malgré d’imposants plans de développement qui devraient lui permettre de produire 1 million de tonnes (Mt) de cuivre d’ici à 2013, la production zambienne a reculé de 11% sur un an au premier semestre. Toutefois, relève la banque britannique, après un recul au premier trimestre, la production minière est globalement en hausse au 2e trimestre, en particulier au Chili, le premier pays producteur. La hausse est également conséquente en Chine où elle pourrait dépasser les 1,5 Mt avec un bond de 20%.

Toutefois, les déclarations des grands groupes miniers pointent sur la réalisation d’objectifs de production qui ne seront pas réalisés. Sur les quatre plus importantes mines de cuivre du monde, seule Escondida devrait produire en ligne avec les attentes. Les autres ne pourront pas les réaliser si l’on tient compte de ce qu’elles ont extrait au premier semestre.

Les nouveaux projets devraient représenter 20% de la production additionnelle en 2012 et 100% dès 2014 avant de redescendre vers les 70% en 2015, estime l’analyste. Problème, les mines nouvellement en activité sont plus susceptibles d’être perturbées par des incidents, ce qui laissera l’offre de concentré de cuivre toujours vulnérable. Plus important, la part de l’Amérique Latine dans l’offre globale de métal rouge devrait brutalement chuter entre 2015 et 2020.

Elle sera remplacée par l’exploitation de nouveaux gisements en Afrique et en Asie hors Chine. Le marché sera donc plus dépendant de pays où le risque politique est considérablement plus élevé et où les infrastructures logistiques manquent, comme la République Démocratique du Congo. Outre une fiscalité à géométrie variable, ce pays voudrait bien augmenter la participation de l’Etat dans les projets, une situation qui ne favorise guère leur réalisation, souligne Gayle Berry.

L’indispensable recyclage

Les métaux secondaires ont pratiquement sauvé le marché depuis deux ans, compensant l’insuffisante disponibilité de concentrés, affirme Gayle Berry. Le recyclage devrait continuer à offrir une importante source de métal raffiné. La moindre teneur en cuivre des concentrés exige l’ajout d’une part importante de déchets cuivreux pour empêcher la surchauffe des fours. S’il semble avoir touché un plafond, le volume de scraps devrait encore s’apprécier dans les années à venir estime l’analyste.

 


 

 


 

La puissance de la demande de déchets va mettre la pression sur ce marché d’autant que le ralentissement de l’activité manufacturière en réduit la disponibilité. Une pénurie relative illustrée par la forte réduction des importations chinoises de scraps d’origine européenne où l’activité du BTP s’est brutalement contractée. La Chine utilise désormais dans sa production de métal raffiné plus de déchets que le reste du monde, aggravant ainsi les tensions. 


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