imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Les métaux au bord de la crise de nerf

Le 25 novembre 2011 par Daniel Krajka


Malgré une sévère correction, la chute de la demande et des prix devrait être moins prononcée que lors de la crise financière de 2008-2009.

« Les marchés des métaux de base sont au bord du précipice », affirme Gayle Berry en ouverture de la dernière livraison du Metal Magnifier, publié par Barclays Capital. Au plus bas depuis un mois, la cotation settlement de la tonne de cuivre, qui était encore au-dessus des 8 000 dollars le 27 octobre, a plongé brutalement vers les 7 000 dollars, entrainant l’ensemble des non-ferreux cotés sur le LME. L’indice composite LMEX se rapproche à nouveau du seuil symbolique des 3 000, un niveau qu’il n’avait plus côtoyé depuis mi-2010.

La question pour l’analyste est désormais de savoir si le prochain pas sera de s’effondrer dans un mouvement similaire à celui de 2008/2009 ou de rebondir comme cela s’est produit fin 2010. L’hypothèse catastrophique est repoussée par l’analyste en raison des différences importantes entre la situation actuelle et celle qui précédait la chute de Lehmann Brothers. En premier lieu, rappelle Berry, les producteurs ont réagi au retournement de la conjoncture alors que les prix sont encore à un niveau bien supérieur à celui qui les avait amené à réduire leur offre en 2008. Ensuite, les stocks opérationnels sont actuellement à un niveau bien plus bas qu’en 2008 car les industries consommatrices ont pris soin de ne commander que les volumes dont elles avaient besoin. Une aggravation de la distorsion entre offre et demande par les ventes des stocks ne devrait donc guère peser sur les cours.

Quelles seront les conséquences pour les entreprises industrielles et pour la consommation de métaux des tensions attendues sur les marchés du crédit en Europe, s’interroge l’analyste, constatant que déjà la demande se contracte. Et la situation globale devrait empirer avec une demande nord-américaine fragile, malgré des secteurs encore solides. En Chine, un début de restockage se conjugue à une croissance de la demande intérieure. Et la fragilisation du moral des consommateurs devrait être de courte durée, à moins que les prix continuent de chuter.

Barclays a monté trois scénarios pour 2012 dans lesquels la croissance du Pib se révèle inférieure aux 3,6% attendus. Dans les trois cas – depuis un léger fléchissement (+2,2%) jusqu’à une contraction brutale (-1,8%) – la demande de métaux sera sensiblement inférieure au niveau lié au scénario de base, sans tomber toutefois dans les profondeurs où une évolution similaire du Pib l’avait plongée en 2008-2009.

La Grande Récession de 2008-2009 avait entrainé le plus important recul du Pib depuis les années 1960, et une chute correspondante de la demande de métaux, amplifiée par un déstockage massif. Dans les trois scénarios envisagés par la banque britannique pour 2012, la demande de cuivre devrait évoluer de respectivement +1%, -0,2% ou 3,6% contre une hypothèse de base de +2,7%. Par contre la croissance de la consommation d’aluminium devrait rester positive avec respectivement +7,2%, +5,8% ou +1,4%, alors que le scénario de base prévoit +8%, comme celle du nickel, 4,5%, 4,1% et 2,9%, et 6,6% pour le scénario de référence. Pour le zinc, les évolutions seraient de +4,5% pour l’hypothèse de base et de +2,6%, +1,4% et -2%. Mais, de tous les métaux c’est toujours le plomb qui démontre son insensibilité à la conjoncture générale. Si Barclays table sur une hausse de sa demande de 7,1%, les cas alternatifs prévoient encore des augmentations de 5,3, 4,7 et 4,1%.

Ces prévisions, même les plus pessimistes sont donc loin de la chute de la demande enregistrée entre le 4e trimestre 2008 et le 3e trimestre 2009 quand, avec un Pib en recul sur un an de 1,5% les consommations de cuivre, de nickel et d’aluminium ont baissé de respectivement 5,7, 5,9 et 9,2%. Le plomb et le nickel semblent les moins vulnérables à une récession, estime Gayle Berry, expliquant que ce sont les métaux les moins corrélés à l’évolution du Pib.




 

Les producteurs réagissent

Avec un coût de production supérieur pour plus de la moitié des capacités aux prix pratiqués actuellement sur le LME les producteurs d’aluminium devaient réagir. La production mondiale de métal léger s’est établie pour le 10 premiers mois de l’année à 36,11 Mt, soit une hausse sur un an de près de 7%, selon l’International Aluminium Association. A eux seuls les aluminiers chinois ont assuré 49% des 2,32 Mt de production additionnelle. Mais la tendance s’est inversée et la production quotidienne d’octobre, au plus bas depuis 6 mois, a reculé de 3,6% par rapport à septembre. Ce sont les alumineries chinoises, avec une offre en baisse sur un mois de 8,7% qui ont assuré l’essentiel de ce repli.


 


Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation