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Inquiétude dans les ferroalliages

Le 06 mai 2014 par Daniel Krajka


Les menaces réciproques de sanctions provoquées par l'accélération du conflit entre l'Ukraine et la Russie incitent producteurs et consommateurs à rechercher des stratégies alternatives pour se protéger.


L'affrontement verbal entre le président russe, Vladimir Poutine, et l'oligarque ukrainien, Igor Komolski, dont le groupe Privat, dont il est copropriétaire, contrôle trois producteurs majeurs de ferroalliages a secoué ce secteur. Nommé gouverneur de la région de Dniepropetrovsk, l'homme qui détient la troisième plus importante fortune d'Ukraine a été dénoncé par les autorités russes qui ont mis sous séquestres ses actifs en Russie. 
 
Cette décision ne peut qu'alarmer les sidérurgistes russes qui importent 70% de leurs ferroalliages bulks d'Ukraine, en particulier le ferromanganèse, le silico-manganèse et le ferrosilicium. Privat Group produit ces matières dans ces usines de Nikopol, Zaporozhye et Stakhanov. "Des usines russes nous ont approché pour du métal", a déclaré un acteur de ce marché au Metal Bulletin, notant que tous s'attendent à ce que des droits soient imposés sur les exportations ukrainiennes. Si les producteurs sont prêts à bénéficier de ces nouveaux marchés, ils n'oublient pas que cela entraine des risques que ni les banques ni les assurances crédits ne voudront couvrir. 
 
Les craintes de rupture d'approvisionnement ne sont toutefois pas encore concrétisées et les ventes de Privat ne semblent pas affectées, note la publication britannique. Les consommateurs russes ne sont pas les seuls à craindre les conséquences de l'aggravation du conflit. Le premier producteur mondial de nickel, le russe Norilsk Nickel, a fait part de son inquiétude en rappelant que plus de 30% de ses ventes sont réalisés vers les marchés occidentaux. Un membre non exécutif de son conseil d'administration, Serguei Chemezov, fait partie des individus sanctionnées par les autorités américaines. Il est également président du producteur de titane russe VSMPO-Avisma. Ce dernier assure 60% de la demande d'Airbus en titane et 40% de celle de Boeing. Les sanctions ne s'appliquent cependant pas aux deux compagnies qui sont des sociétés privées. 
 
Les utilisateurs de produits russes prennent déjà des positions à terme pour constituer des stocks et assurer leur approvisionnement en cas de perturbation. Ceux qui fournissent des métaux d'autres origines que de Russie en profitent pour augmenter leurs prix, a expliqué un négociant en vanadium au Metal Bulletin. En cas d'embargo les acheteurs de ferrochrome russe se sont hâtés de faire sortir leurs matières de Russie pour l'entreposer en Europe. Pour minimiser les risques, les sidérurgistes russes et occidentaux sont prêts à diversifier leurs sources d'approvisionnement même si cela entraine un surcoût. 
 
Selon le consultant spécialisé Roskill, le marché du ferrovanadium serait également sensible à des sanctions. Avec 8 000 tonnes de métal contenu, la Russie est le troisième producteur mondial assurant 10% de l'offre mondiale. Elle est également le premier producteur de nickel. Producteurs et consommateurs de ferroalliages sont si dépendants les uns des autres que beaucoup d'observateurs s'accordent à douter de la possibilité d'une détérioration des relations entre les deux blocs.

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