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Fermeté du nickel

Le 16 juin 2004 par Rédaction L'Usine Nouvelle
* Mots clés :  JP Morgan

Malgré le ralentissement chinois les perspectives du métal du diable demeurent favorables.

Après avoir touché son plus bas niveau de 2004 le 18 mai, la cotation settlement du nickel poursuit un redressement qui l'a ramené vers les 13 000 dollars la tonne. Dans un contexte incertain conjuguant le ralentissement de l'économie chinoise, les fluctuations du dollar et les anticipations de hausse des taux d'intérêt, le métal du diable a été nettement mieux orienté que l'ensemble des métaux de base du LME. En effet, note l'économiste de la SG Stephen Briggs, le nickel s'est non seulement apprécié de 20 % - contre 10 % en moyenne pour les autres non-ferreux - mais « il a également affiché une belle résistance la semaine dernière ».
Auparavant le nickel avait lourdement chuté, encaissant un recul de 41 % entre son pic de janvier et la mi-mai. Son cours élevé avait entraîné une substitution, notamment par le manganèse, dans la fabrication d'aciers inoxydables de basse qualité. Il avait également provoqué l'utilisation massive de déchets d'inox au dépens du métal primaire. Enfin, note Briggs, le cycle actuel de l'acier inoxydable se révèle inhabituel dans la mesure où la phase d'expansion a été plus longue mais moins marquée que par le passé, tandis que la croissance de la production mondiale n'était plus que de 6 à 7 % au premier trimestre, essentiellement en raison du ralentissement observé en Chine.
De plus, des stocks importants se sont accumulés en 2002/2003 hors LME et hors réserves de producteurs. Ces stocks, selon Briggs, expliquent le niveau inchangé des réserves combinées des producteurs et du LME entre le début de l'année et la fin du mois d'avril. Et ce, malgré le déficit du marché. La conjugaison de tous ces facteurs permet vraisemblablement d'expliquer la chute des importations de nickel raffiné par la Chine conclut l'économiste.
Bien qu'il ait révisé ses prévisions à la baisse, Briggs attend cependant un marché en déficit de 20 000 à 25 000 tonnes en 2004. Une production en hausse devrait toutefois réduire le déficit par rapport à l'année précédente. Dans un marché où les tensions pousseront les cours à la hausse - mais dans des circonstances moins positives que celles de fin 2003/début 2004 qui avaient propulsé la tonne de métal vers les 18 000 dollars - l'économiste de SG prévoit une remontée vers les 15 000 dollars au quatrième trimestre. Signe de l'importance de la demande, des producteurs majeurs d'inox en Europe, Acerinox, ThyssenKrupp Nirosta et TK Stainless, ont annoncé qu'ils ne fermeraient pas leurs usines pour maintenance cet été comme il est d'usage.
Après ce second pic, l'entrée en activité de nouvelles mines à forte capacité prévue pour 2006 pourrait entraîner un marché baissier prolongé. Les analystes de JP Morgan viennent, quant à eux, de réviser en baisse leurs prévisions moyennes des cours du nickel de respectivement 14 % et 17 % pour 2004 et 2005. Ils tablent donc sur des moyennes de 13 160 dollars en 2004 et 13 227 dollars en 2005 pour la tonne de nickel. C'est une surestimation de la demande d'acier inoxydable qui était à l'origine de leurs premières estimations.  
Daniel KRAJKA

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