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BHP Billiton prêt à fondre sur Alcoa

Le 16 juillet 2007 par Rédaction L'Usine Nouvelle

L'offre amicale de 38,1 milliards de dollars faite par Rio Tinto pour acquérir Alcan pourrait bien avoir déclenché une nouvelle vague de consolidation d'une ampleur sans précédent dans les mines et métaux.

En échouant dans sa tentative d'atteindre une taille critique suffisante pour ne pas être mangé, Alcoa se retrouve exposé à la convoitise des mineurs géants diversifiés, au premier rang desquels le numéro un, BHP Billiton. L'ampleur de la surenchère, l'offre de Rio Tinto est supérieure de 30% à celle d'Alcoa, illustre la paranoïa qui s'est emparé des entreprises du secteur, anxieuses de rester à l'écart du formidable mouvement de concentration en cours, soulignent les analystes.

« L'offre de Rio renforce notre opinion sur la valeur sous-jacente du secteur de l'aluminium, ainsi que ses brillantes perspectives pour l'avenir », se consolait Alan Belda, le PDG d'Alcoa. Toutefois, l'échec de la tentative d'OPA sur son voisin canadien, une manœuvre considérée comme défensive, le laisse particulièrement vulnérable. Il est également à la merci des décisions d'Alumina, la firme australienne partenaire d'Alcoa, qui détient 40% dans Alcoa World Alumina and Chemicals (Awac), véritable joyau de la couronne de l'américain. Selon un rapport de la branche australienne d'UBS, BHP Billiton s'apprêterait à mettre la main sur les deux firmes.

Dimanche, l'hebdomadaire londonien The Observer affirmait savoir que BHP Billiton préparait une offre de 40 milliards de dollars sur Alcoa et avait confié à ses banques-conseils, JP Morgan et Merrill Lynch, une mission exploratoire avec rapport à son directeur général, Chip Goodyear, sous deux semaines. Marius Kloppers, qui doit remplacer Goodyear en octobre, et l'ensemble du conseil d'administration de l'anglo-australien soutiennent fermement cette opération, soulignait l'hebdomadaire. Nouvellement nommé, comme ses pairs de Rio Tinto et Anglo American, Marius Kloppers appartient à une nouvelle génération de dirigeant du secteur minier, désireuse d'imprimer sa marque et ne reculant pas devant la prise de risques qu'implique des opérations d'une telle envergure, soulignent les observateurs. 

Le succès d'une vaste opération incluant le rachat d'Alcoa et d'Alumina pourrait toutefois  mettre BHP Billiton en porte-à-faux avec les autorités de la concurrence ; il contrôlerait ainsi  pas moins de 35% de l'offre globale d'alumine, et deviendrait aisément le premier producteur de poudre blanche, loin devant UC Rusal et Chalco. En 2000, rappelle la presse australienne, le sud-africain Billiton, avant de fusionner avec BHP, avait mené avec succès une campagne pour obliger Alcoa à revendre la branche alumine de l'aluminier Reynolds qu'il venait d'acquérir. Awac, avait dû revendre les 56% qu'il détenait dans la raffinerie géante australienne de Worsley. L'acheteur était Billiton, déjà en possession de 30% de la raffinerie.

Mais BHP Billiton, qui comme Rio Tinto est haussier sur l'aluminium, ne devrait pas renoncer. Même en période de croissance économique mondiale modérée, la demande de métal léger devrait augmenter de 500 000 tonnes par an, estime la firme, tablant sur la hausse de la demande chinoise, puis, à terme, sur celle de l'Inde. Une opinion partagée par Alumina qui parie sur un doublement de la consommation mondiale d'aluminium et d'alumine d'ici à 2020. Les 38 milliards d'Alcoa représentent environ 40% de la capitalisation de Rio Tinto. Les 58 milliards de dollars d'une offre sur Alcoa et Alumina ne dépasseraient pas 30% de la valeur boursière de BHP Billiton, rappelle le Crédit Suisse. Un montant important mais après avoir généré 15 milliards de dollars de cash en 2006/2007 BHP devrait voir cette somme approcher les19 milliards l'année suivante.

Peu intéressé par les activités aval de sa cible, le géant minier devrait revendre rapidement les unités de ce secteur. Novellis ou Hindalco pourraient se porter acquéreur, mais les montants en jeu sont considérables. D'où l'hypothèse d'une entrée en jeu des fonds d'investissement, désireux de tirer profit de cette gigantesque partie de Pacman. CVRD ou Xstrata ont certainement la volonté d'y participer mais n'ont probablement pas fini d'absorber leurs deux acquisitions de l'an dernier, les producteurs canadiens de nickel Inco et Falconbridge. Reste Anglo American, en pleine restructuration et dont la nouvelle directrice, Cynthia Carroll, est l'ancienne responsable métaux primaires d'Alcan.

Daniel Krajka


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