imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

Pour tout le fer de Simandou…

Le 13 février 2015 par Myrtille Delamarche
* Mots clés :  Rio Tinto, Vale, Mines, Minerai de fer
Mine de fer de Simandou
Mine de fer de Simandou
Copyright © 2014 Rio Tinto

Le minerai de fer a perdu la moitié de sa valeur. Loin de s’en désintéresser, les plus grands groupes miniers mondiaux se sont lancés dans une course pour compenser sur le volume leurs pertes de marges. Dans ce contexte, la réattribution de la très contestée partie nord du gisement guinéen de Simandou risque d’éveiller l’intérêt des géants miniers du monde entier.

 

« Nous ne voyons rien qui puisse soutenir un rebond du cours du minerai de fer en 2015 ». Ce constat amer est énoncé par Norman Mbazima, PDG du groupe minier Kumba Iron Ore, qui s’exprimait lors du salon minier international Indaba.

 

C’est pourtant dans les allées du même événement que le ministre guinéen des Mines, Kerfalla Yansane, a confirmé au Wall Street Journal la réouverture, dans quelques mois, d’un appel d’offres pour la concession de la partie nord du gisement de Simandou.

 

C’est sans doute le gisement de fer le plus convoité du monde. Les monts Simandou, au sud-est de la Guinée, renferment plus de 2 milliards de tonnes de minerai à haute teneur en fer (65%). Mais aussi le plus contesté.

 

La moitié sud (blocs 3 et 4) sera opérée par Simfer, un consortium qui réunit Rio Tinto (46,57%), le chinois Chinalco (Aluminium Corporation of China, 41,3%), le gouvernement guinéen (7,5%), et la Société financière internationale (SFI, 4,6%).

 

Les blocs 1 et 2, initialement acquis par Rio Tinto en même temps que la moitié sud, avaient été repris et réattribués par l’ancien président Lansana Conte à BSG Resources, la branche minière du conglomérat de l’Israélien Beny Steinmetz. Ce dernier avait revendu 51% de ses parts, via un consortium nommé VBG, au brésilien Vale pour 14 fois le montant investi. Mais les nouvelles autorités guinéennes ont annulé cette attribution en mai 2014 sur des soupçons de corruption. Résultat, Rio Tinto poursuit BSGR et Vale, qui eux-mêmes réclament un arbitrage international, espérant être rétablis dans leurs droits.

 

Ces blocs pourraient également intéresser Glencore, qui cherche à sécuriser une présence dans le fer après la rebuffade de Rio Tinto, qui a refusé son offre de fusion. Mais l’investissement nécessaire (20 à 30 milliards de dollars sur l’ensemble du gisement) pour développer la mine et les infrastructures de transport et d’évacuation du minerai (voie ferrée et port en eaux profondes) freine ses ardeurs, dans un contexte de surproduction mondiale. Un frein qui vient s’ajouter à l’incertitude juridique pesant sur ce permis.


Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation