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Les voyous aiment les matières

Le 07 mars 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Commodités


Si en France des groupes ont importé le recyclage à la napolitaine, au Mexique les gangs jouent un rôle grandissant dans l'exportation de minerai de fer. 


En regardant des films policiers, on peut penser que les voyous ne s'intéressent guère aux matières premières, à part l'or bien sûr, et peut-être le platine. Depuis quelques années, cependant, la mafia napolitaine s'est fait une spécialité du "recyclage" des déchets. Peu écologique certes, mais très rentable. Ce modèle économique a été importé en France par une famille de Montreuil, les Hornec, rapporte le Parisien. Leur société, RTR Environnement, enfouissait dans des terres agricoles, ou construisait des remblais le long de la Francilienne, à Villeparisis, avec des déchets de BTP. Elle proposait à des sociétés, contraintes par la loi de faire recycler leurs déchets – qui peuvent contenir de l'amiante ou d'autres produits dangereux –, de les traiter à des tarifs défiant toute concurrence.  
 
Si la police a trouvé pour près d'1 million d'euros de matériel sur le site de RTR Environnement, les sommes en jeu pâlissent en regard du milliard de dollars que la sidérurgie mexicaine s'est fait soutirée par les cartels de la drogue du pays. "L'an dernier, le crime organisé a exporté 10 millions de tonnes de minerai de fer vers la Chine pour une valeur de 100 dollars la tonne, soit 1 milliard de dollars. C'est du blanchiment", a déclaré le président de Canacero, l'Association nationale de la sidérurgie Alonso Ancira Elizondo, à des journalistes. Ce minerai a été soustrait depuis différents sites à proximité du port minéralier de Lázaro Cárdenas, dans l'Etat de Michoacán. 
 
Au cours des quatre dernières années, les cartels locaux de la drogue ont extrait illégalement et exporté vers la Chine environ 5 Mt de minerai de fer par an. Alonso Ancira Elizondo, qui est le président de Altos Hormos de Mexico (Ahmsa), affirme qu'en 2013 le crime organisé a volé 1 Mt de minerai à son groupe et que la situation est probablement la même pour Sicartsa, un autre sidérurgiste, contrôlé par ArcelorMittal. Des groupes ont pris le contrôle de certaines mines, souligne le dirigeant, précisant qu'il était désormais impossible à leurs salariés d'y travailler. En 2013 également, les aciéristes mexicains se sont fait dérober 500 millions de dollars de demi-produits lors de leur transport.

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