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Le prix sera chinois

Le 06 décembre 2013 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Commodités


La Chine ne va bientôt plus se contenter d'être le plus important consommateur de matières premières, et l'un des plus importants producteurs, elle va en fixer les prix.


Les prix des métaux de base ont été pendant plus d'un siècle fixés par le London Metal Exchange. Pour les  produits agricoles, les produits pétroliers et les précieux, les bourses de références étaient à Chicago, New York et Londres. Tokyo, Mumbai, Kuala Lumpur et quelques autres places ont pris de l'importance pour des produits spécifiques, puis Shanghai est monté en puissance, profitant de l'importance prise par la Chine pour les commodités. 
 
L'acquisition du LME par la bourse de Hong Kong, le HKEx, en 2012, a bouleversé la donne pour un prix finalement modique de 2,15 milliards de dollars. Le nouveau directeur exécutif du LME, Gary Jones, a confié au Metal Bulletin que le LME et le HKEx avaient créé un groupe pour étudier le lancement de nouveaux produits à Hong Kong. Ces nouveaux produits – minerai de fer, charbon thermique, et minéraux industriels – sont destinés à la clientèle asiatique. A terme ces produits pourront être négociés en Yuans. 
 
"Le HKEx envisage une cotation en doublon sur la base d’une part des cotations du LME et d’autre part de celles des trois principales bourses chinoises de commodités, Shanghai, Dalian et Zhengzhou", a précisé Charles Li, le patron du HKEx, lors d'un entretien avec Reuters. Son intention déclarée est d'utiliser le leadership du LME pour catalyser la création d'une plateforme polyvalente d'échange de commodités. "Nous ne sommes pas en concurrence avec Shanghai, Dalian ou Zhengzhou mais nous cherchons à travailler avec eux", a rappelé Gary Jones, soulignant que son objectif n'était pas seulement la Chine, mais toute l'Asie. Les doubles cotations devraient permettre d'augmenter les volumes traités et offrir de nouveaux outils de couvertures aux utilisateurs, ont affirmé les deux dirigeants. 
 
"Il s’agit d’une rupture historique dans le trading des matières premières. Le basculement vers l’Asie et vers la Chine est définitivement acté", résume Christian Hocquard, géologue-économiste du BRGM. A terme, il table sur une probable fusion du HKEx avec le Shanghai Future Exchange (SHFE), dès que la convertibilité du yuan sera effective. Le SHFE est une place boursière où les cotations des matières premières se font en yuans. Elle fonctionne à sens unique (« one way to China »), en raison de l'imposition d’une TVA de 17% sur les exportations. 
 
A  moyen terme cependant, la convertibilité du yuan permettra à la bourse shanghaienne de détrôner le LME, pour devenir le nouveau référentiel mondial du cours des commodités. Les traders étrangers ne pourront alors plus intervenir sur ces marchés ni en détenir les entrepôts. Déjà plusieurs grandes banques comme JP Morgan et Goldman Sachs ont annoncé leur départ. Les industries consommatrices chinoises seront alors à l'abri des spéculateurs occidentaux" qui ont alimenté une volatilité néfaste entre 2004 et 2008 puis en 2010-2011. "La Chine sera alors en ordre de marche pour ne plus subir les prix des matières premières, mais les faire", conclut l'expert.

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