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La Chine à l'heure des réformes

Le 06 novembre 2013 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Commodités


Pour maintenir sa stabilité sociale et le plein emploi, la Chine doit maintenir un taux de croissance élevé. Le secteur privé, et les investissements étrangers devront jouer un plus grand rôle dans une croissance plus soucieuse d'environnement et plus responsable du bien-être de ses habitants.


Le très attendu troisième plenum du 18e comité central du Parti communiste chinois se tiendra à Pékin du 9 au 12 novembre 2013. Le scepticisme des marchés reflète les doutes quant à la capacité des nouveaux dirigeants du pays à mettre en place les réformes nécessaires, souligne Jiong Shao, un analyste de Macquarie. Les deux premiers plenums du parti sont habituellement consacrés à de la cuisine interne et c'est au cours du troisième que sont dévoilés les plans d'une nouvelle direction du parti, comme ce fut le cas en 1993 et 2003. 
 
Le 21 octobre, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, décrivait les perspectives macroéconomiques du pays devant la Fédération des syndicats chinois. Un journal local en a publié le script et Larry Hu, un économiste de Macquarie a tenté d'en tirer des enseignements pour le prochain plenum du Parti communiste chinois. 
 
Pour maintenir le taux de chômage sous les 4%, 10 millions d'emplois devront être créés chaque année et pour cela la croissance ne devra pas tomber sous les 7,2%. L'objectif officiel est une croissance de 7,5% rappelle la banque australienne. Si la croissance du PIB ou de la production industrielle montre des signes de faiblesse, le gouvernement pourrait donc prendre des mesures pour la soutenir. 
 
Toutefois, a rappelé le Premier ministre, le déficit fiscal du pays atteint déjà 2,1% de son PIB alors que la masse monétaire en circulation (M2) dépasse les 100 000 milliards de yuans, soit plus de 200% du PIB, entrainant un fort risque d'inflation. Ce qui explique que la politique économique est devenue neutre dès que la croissance a été rétablie, après le trou d'air du deuxième trimestre. 
 
Revenant sur le manque de liquidités en juin, Li Keqiang a expliqué que le meilleur moyen de faire face à la panique interbancaire n'est pas d’injecter des liquidités mais plutôt de rappeler que l'Etat ferait tout ce qui était nécessaire pour maintenir la croissance. Rappelant que le système ferroviaire chinois ne dépassait pas 100 000 km de long contre plus de 250 000 km aux Etats-Unis, il a indiqué que l'ouverture des infrastructures aux capitaux privés devait être encouragée. 
 
Si les nécessaires réformes des sociétés d'Etat et de la propriété du sol sont difficiles à mettre en œuvre, le gouvernement devrait accélérer l'exécution de plusieurs mesures aussi favorables  à la croissance que bénéfiques à la demande de matières premières: 
réduction des investissements décidés par le gouvernement,
baisse des taxes pour les petites et moyennes entreprises,
aide aux technologies de l'information et émissions de licences 4G,
mesures antipollution et aides aux énergies propres,
amélioration du système de sécurité sociale,
divulgation du budget fiscal,
réforme financière et libéralisation des taux d'intérêt.
 
Les trois piliers de la réforme
 
La défense de l'environnement, la stratégie "Beautiful China", est clairement une priorité pour la nouvelle direction. Elle devrait se traduire par la fermeture des capacités de production obsolètes et entrainer une réforme de l'exploitation des ressources naturelles et de la fixation des prix de l'énergie. Cette politique devrait favoriser, selon la banque australienne, la filière gaz naturelle, les éoliennes ainsi que le traitement des déchets, en particuliers des eaux. 
 
L'ouverture de l'économie aux capitaux privés et étrangers sera un catalyseur des réformes en Chine, avec l'ouverture de la Free Trade Zone de Shanghai utilisée comme programme pilote, comme les Zones économiques spéciales l'avaient été par Deng Xiao Ping. La réorganisation des entreprises d'Etat, qui heurtera de puissants intérêts, est un programme à long terme. Le gouvernement devrait commencer par introduire plus de concurrence dans les chemins de fer, les banques, l'énergie et les télécommunications. Les bénéficiaires en seraient les constructeurs de matériels ferroviaires, les fournisseurs de matériels pour les télécoms et les compagnies de génie civil. 
 
La "nouvelle urbanisation" ne nécessitera pas seulement la construction de logements et des infrastructures urbaines adéquates. Elle requerra de profondes réformes du hukou (système d'enregistrement interdisant le déplacement des ruraux vers les villes), de la propriété du sol et des systèmes de protection sociale. Des réformes qu'il faudra imposer aux autorités locales qui en tirent souvent avantage. L'offre et la demande devraient jouer un rôle plus important dans cette nouvelle urbanisation ce qui sera favorable aux promoteurs.

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