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Glencore Xstrata résiste à la faiblesse des marchés

Le 05 mars 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Commodités
Reproduit avec l’aimable autorisation de Glencore Xstrata
Reproduit avec l’aimable autorisation de Glencore Xstrata

Le nouveau groupe a bien supporté la baisse des prix des matières grâce à sa double activité de producteur et de négociant. D'importantes synergies, une augmentation des volumes et une importante baisse des dépenses d'investissements vont lui permettre de soigner les actionnaires.


Une dizaine de mois après la finalisation de la plus importante fusion du secteur minier, le succès est partiellement au rendez-vous. La nouvelle entité, Glencore Xstrata, affiche à l'occasion de la publication de ses premiers résultats (pro forma) un Ebitda de 13,07 milliards de dollars, pratiquement égal aux 13,09 milliards de l'année précédente, malgré une baisse généralisée des prix des matières premières. Conformément à ce qui avait été annoncé en août 2013, le groupe a toutefois procédé à une dépréciation d'actifs de 7,5 milliards de dollars, confirmant que le montant payé pour acquérir Xstrata avait été trop élevé. Conséquence, son bénéfice net a reflué de 23% à 4,58 milliards de dollars. 
 
Glencore Xstata se démarque des autres grandes compagnies minières en étant également une société de négoce de matières premières. Cette activité a démontré sa "résilience", a souligné Ivan Glasenberg, le directeur exécutif du groupe. Son ebit a progressé de 11% à 2,36 milliards de dollars, tirés par ses opérations dans les minerais et les métaux (+ 19% à 1,62 milliard). Un résultat supérieur aux attentes des analystes qui a bénéficié des volumes supplémentaires offerts par Xstrata et du rachat du spécialiste des matières agricoles canadien, Viterra. Pour 2014, le directeur financier du groupe, Steven Kalmin, table sur un résultat compris entre 2,7 et 3,7 milliards de dollars. 
 
Sans surprise, l'ebit de la partie minière de son activité a reculé de 21% sur un an à 5,08 milliards de dollars. Glencore Xstrat a compensé les baisses de prix par la hausse de ses volumes. Sa production de cuivre s'est appréciée de 26%, celle du ferrochrome de 32% et celle du charbon de 4%. Les synergies prévues lors de la fusion ont généré des économies supérieures aux prévisions. Elles ont dépassé de 400 millions de dollars les 2 milliards attendus. Contrairement à l'objectif annoncé, ses investissements ont été supérieurs aux prévisions à 12,8 milliards de dollars. "Nous avons dépensé d'importantes sommes, particulièrement sur les actifs de Xstrata, ce qui nous a permis de nous placer plus bas dans la courbe des coûts avec des actifs de meilleures qualité, a expliqué Ivan Glasenberg. "Nous sommes morts de trouille" face aux nouveaux projets où tout est à faire, a rappelé le dirigeant, réitérant sa préférence pour les projets « brownfield », plus sûrs et bien moins coûteux en capital. "Nous aimons gérer nos mines comme  des centres de coûts", a martelé le dirigeant, soulignant que la seule préoccupation des managers était d'extraire les produits au moindre coût possible. Ensuite "ce sont les traders qui prennent la main". 
 
Il n’est pas question de dépenser, pour autant, du capital "juste pour augmenter les volumes" a précisé Ivan Glasenberg. Les dépenses d'investissement baisseront de 31% à 8,7 milliards en 2014 et de 24% à 6,6 milliards en 2015. Le groupe a investi dans les matières les plus rentables et les derniers investissements ont fortement réduit ses coûts moyens de production. Plutôt que de se lancer dans des projets dispendieux à la rentabilité discutable, mieux vaut rendre l'argent aux actionnaires, a indiqué le dirigeant. Alors que les grands concurrents de Glencore Xstrata ont augmenté leurs dividendes de 15% pour Rio et de 3,5% pour BHP Billiton, le groupe de Zoug ne versera que 16,5 cents par action, 4,8% de plus que l'année précédente. Assez pour que le premier actionnaire du groupe, Ivan Glasenberg, touche 182 millions des 2,1 milliards de dividendes. 
 
La vente du gisement cuprifère de Las Bambas au Pérou – réclamée par les autorités de la concurrence en Chine pour donner leur aval au projet de fusion – n'est pas encore finalisée, mais ce n'est plus qu'une question de prix a déclaré le groupe helvète. Ce gisement devrait revenir au groupe chinois Minmetals, qui a écarté ses rivaux et compatriotes, Jiangxi Copper, Chinalco et Citic Resources. Toutefois, si les deux groupes ne peuvent pas trouver un accord, il n'est pas impossible que Glencore Xstrata conserve ce gisement. Il devrait alors céder au plus offrant un autre grand gisement cuprifère. Dans cette hypothèse, le groupe devra augmenter ses investissements pour mener à bien le projet Las Bambas. 
 
Quand de bonnes affaires se profilent, Glencore Xstrata n'hésite pas à investir. Il envisage de transformer en participation une dette de 900 millions de dollars dans le groupe pétrolier privé Russneft. Il étudie également la possible acquisition de mines de charbon appartenant à Total Coal SA. Le groupe français, qui détient également 4% des capacités d'affrètement du terminal charbonnier géant de Richards Bay, veut céder ces actifs jugés secondaires. Tout actif qui est en vente, avec un retour sur investissement suffisant nous intéresse a indiqué Ivan Glasenberg. Par contre, il a nié être en contact avec BHP Billiton pour lui racheter d'autres mines de charbon.  
 
Glencore Xstrata, qui actuellement n'a qu'un président intérimaire de son conseil d'administration, l'ancien dirigeant de de BP Tony Hayward, a déclaré que l'annonce de la nomination d'un président définitif serait faite lors de la prochaine assemblée générale du groupe. Le choix n'est plus qu'entre quelques noms, a précisé Glasenberg qui a rappelé que l'heureux nominé devait posséder une connaissance du secteur et avoir déjà dirigé une grande compagnie.

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