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Glencore - Rio Tinto : la fusion se rapproche, malgré un détour par la Chine

Le 27 novembre 2014 par Myrtille Delamarche
* Mots clés :  Mines
Ivan Glasenberg, PDG de Glencore
Ivan Glasenberg, PDG de Glencore
DR

Après une première tentative de fusion repoussée par Rio Tinto en octobre, Glencore affûte sa stratégie pour écarter la possibilité d’un second refus. La direction du groupe fait les yeux doux à l'actionnaire chinois de Rio Tinto, Chinalco.

 

Depuis la « fusion entre égaux » avec Xstrata, qui ne lui a pas coûté beaucoup plus que ses frais d’avocats, nul besoin de démontrer la compétence du PDG de Glencore à obtenir ce qu’il veut. Et ce que veut désormais Ivan Glasenberg, c’est une fusion avec Rio Tinto.



En réunissant dans un groupe évalué à 160 milliards de dollars le deuxième et le quatrième producteur minier mondial, le PDG de Glencore éjecterait de la première marche du podium l’anglo-australienne BHP Billiton.

 

Pour arriver à ses fins, Ivan Glasenberg a entrepris de rallier à sa cause le principal actionnaire (10%) de Rio Tinto, le géant chinois Chinalco, à qui il a promis deux actifs majeurs : le gisement de cuivre et d’or d’Oyou Tolgoï en Mongolie (évalué à 6 milliards de dollars) et le projet (greenfield) de fer de Simandou en Guinée (20 milliards de dollars). Le PDG de Glencore avait déjà orchestré un accord similaire pour apaiser les Chinois au cours de la prise de contrôle de Xstrata.

 

Alors que le minerai de fer ne quittera pas le projet guinéen avant une dizaine d’années, le cuivre et l’or mongols sont bloqués sous terre par des relations conflictuelles entre Rio Tinto et le gouvernement local sur fonds de querelles environnementales. Deux situations qui n'effraient pas Chinalco, pour qui ces deux actifs représentent une intéressante compensation.

 

Rio Tinto en appelle au soutien de ses actionnaires

 

La réponse de Sam Walsh n’a pas tardé. Devant des actionnaires réunis à Sydney, le PDG de Rio Tinto a promis un recentrage des investissements sur les projets les plus rentables pour eux, se disant même "impatient" de procéder aux annonces de dividendes lors de la présentation de résultats en février 2015. Les dirigeants de la société minière ont notamment insisté sur la rentabilité de la filière du minerai de fer, affirmant que les fondamentaux plaidaient pour l’extension des opérations de la mine australienne de Pilbara avec pour objectif  l’extraction de 360 millions de tonnes par an. Rio Tinto fait valoir un taux de rentabilité interne (TRI) de 40% à cinq ans. Depuis presque 50 ans, Pilbara aurait, selon son opérateur, fourni un excédent brut d’exploitation de quelque 50%.

 

Le marché est pourtant excédentaire. Une surabondance qui a fait passer le minerai de fer sous les 70 dollars la tonne (-12% sur un mois, -47% en un an). Goldman Sachs vient d'annoncer qu'elle envisageait une révision à la baisse de sa prévision de prix 2015 , qui tomberait à 80 dollars. Plusieurs analystes affiment déjà qu'il faut renoncer définitivement au seuil des 100 dollars. Mais les plus gros acteurs préservent des marges confortables. Rio Tinto affiche des coûts de production en dessous des 20 dollars la tonne sur le premier semestre 2014.

 

Confiant sur la solidité de son groupe, Sam Walsh en appelle néanmoins au soutien des actionnaires pour faire face aux défis à court-terme : "Bien que les perspectives à long terme demeurent solides, le court terme est sans conteste une période de défis. Cependant Rio Tinto est solidement positionné pour prospérer dans ce contexte d'incertitude."

 

Ian Hannam, spécialiste des fusions-acquisitions dans le domaine minier, vient de déclarer devant un parterre d’une vingtaine de représentants de fonds d'investissement: « Si cet accord ne se fait pas aujourd’hui, il le fera dans un proche avenir. » Un avis partagé par l’analyste Paul Gait, de chez Bernstein, qui annonce pour avril le prochain mouvement de Glencore.


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