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Baisse des dépenses d'investissement dans les ressources naturelles

Le 01 juillet 2014 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Commodités


Après une décennie de forte croissance des dépenses d'investissement, les compagnies énergétiques, minières et métallurgiques donnent la priorité au rétablissement de leurs marges au détriment de nouvelles dépenses.

 

L'agence de notation Sandard & Poor's vient de publier son étude sur les dépenses d'investissement des entreprise en 2014. La deuxième édition de ce travail qui couvre 2 000 sociétés non financières – cotées et non cotées, détenues par des actionnaires, un propriétaire ou l'Etat –  indique que le cycle de l'investissement n'est pas encore reparti. Bien que les entreprises disposent de liquidités importantes, 4 500 milliards de dollars pour les 2 000 groupes étudiés, les mesures d'économies prises pars les sociétés minières et énergétiques sont suffisantes pour réduire l'ensemble des capitaux investis.

 

Ces deux secteurs, l'énergie et la production de matières, ont joué un rôle moteur dans les dépenses d'investissement lors de la décennie précédente. Ils ont représenté plus de la moitié de ces dépenses, 43% pour l'énergie et 13% pour les matières. Sur les 60 compagnies qui dépensent le plus en investissements 26 sont actives dans l'énergie et quatre dans les mines et métaux. La première entreprise qui apparait dans ce classement, hors énergie et matières, est China Mobile, classé au 11e rang.

 

 

 

 

Ces deux secteurs, qui ont subi un fort ralentissement de la croissance de leurs investissements en 2013, devraient voir les volumes investis reculer à partir de 2014. Les grandes sociétés minières comme les anglo-australiens Rio Tinto et BHP Billiton ont annoncé dès l'an dernier de fortes réductions de leurs dépenses d'investissement. En Australie, un pays où la mine joue un rôle majeur, les dépenses ses sont déjà contractées de 13% en 2013 dans le secteur non financier. Et cette tendance devrait s'amplifier, avec une baisse attendue de 20% en 2014 et se poursuivre au moins jusqu'en 2016, prévoit l'étude. Dans l'énergie également, des majors comme Petrobras, Chevron et Total ont déjà annoncé des économies sur leurs programmes de dépenses.

 

 

 

 

 

 

L'importance de ces deux secteurs par rapport au secteur industriel est illustrée par des rythmes de croissance très différents lors de la dernière décennie. En 2003, le niveau des dépenses pour le secteur énergétique était de 23% supérieur à celui de l'industrie. Dix ans plus tard, il lui était supérieur de 130%! L'industrie n'arrive qu'au quatrième rang, en termes de dépenses d'investissement, derrière les services publics (utilities) mais devant les télécommunications.

 

 

 

 

Bien qu'elle soit moins prononcée qu'en 2008-2009, la baisse des dépenses d'investissement actuelle pour les producteurs de matières a déjà dépassé la précédente en durée a calculé S & P. Et Rio Tinto annonce que le repli se poursuivra jusqu'en 2018. Le graphique suivant concerne les groupes pour lesquels des projections sont disponibles. La baisse est plus modérée pour les sociétés actives dans l'énergie.

 

 

 

 

La brusque réduction des dépenses d'investissement s'explique par la forte baisse des liquidités disponibles des compagnies. En 2003, rappelle l'étude, le capex des sociétés productrices d'hydrocarbures et de carburants divers absorbait 64% de leurs cashflow opérationnel, un taux proche de celui des autres secteurs non financiers. En 2013, ce taux avait grimpé à 103% alors qu'il restait stable dans les autres secteurs, restant sous les 70% entre 2003 et 2013. L'envol a été encore plus spectaculaire pour le secteur des mines et métaux puisqu'en 2013 les dépenses d'investissement ont grimpé à 113% des liquidités opérationnelles disponibles.

 

A long terme les besoins des marchés émergents, la nécessité de développer les énergies alternatives et la simple obligation de renouveler les ressources épuisées entraineront des dépenses d'investissement substantielles dans le domaine de l'énergie. Selon l'Agence Internationale de l'Energie, pas moins de 48 000 milliards de dollars devront être investis pour répondre aux besoins en énergie. Dans le court terme cependant, le rebond des dépenses d'investissement sera ralenti par la nécessité pour les compagnies de rétablir leurs marges de profit après une décennie d'investissement à un rythme accéléré.

 



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