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La revanche des industries minières.

Le 27 janvier 2004 par Rédaction L'Usine Nouvelle
* Mots clés :  General Motors, JP Morgan

Après une longue période d'érosion des cours des matières premières, la tendance pourrait s'inverser durablement.

Les dernières négociations autour du charbon devraient se solder par des augmentations supérieures à 20 % pour le coke et à 40 % pour le charbon vapeur. Les producteurs de minerai de fer viennent d'imposer aux sidérurgistes une augmentation de 18,6 % par rapport à l'année précédente, la plus importante depuis 1980. Conséquence, l'acier américain, qui avait eu recours au parapluie protectionniste de l'administration Bush, flambe, provoquant les protestations des grands consommateurs tel General Motors. L'indice composite de 41commodités, le CRB spot index, compilé par le Commodity Research Bureau est au plus haut depuis 5 ans.

Pour certains analystes il ne s'agit rien moins que du début d'une tendance longue. «Un long cycle baissier se termine tandis que se construisent les fondations d'un cycle haussier. Le développement économique de l'Asie jouera un rôle central dans la demande de produits miniers lors des 20 prochaines années. Le rôle de la Chine, en particulier, amènera d'importantes opportunités mais aussi des risques considérables. Bien qu'il soit encore trop tôt pour l'affirmer, il est possible que le déplacement du centre de l'activité économique globale vers l'Asie provoque un retournement des termes du commerce à l'encontre du secteur manufacturier et en faveur des matières minérales, fournissant ainsi le soutien structurel nécessaire au prochain cycle haussier de ces dernières», affirme ainsi le responsable des études économiques de Rio Tinto.

Face à la longue déprime des minerais, les producteurs, après le surinvestissement du début des années 1990, avaient, depuis, ou drastiquement réduit l'exploration et les nouveaux projets, ou repoussé ceux qui étaient déjà en cours. La sortie du marché des producteurs les plus fragiles et la prudence acquise par les mineurs - à l'image du producteur de cuivre chilien qui n'hésite pas à fermer ou à mettre en sommeil ses unités les moins rentables et à constituer des réserves pour soutenir les cours - ont rééquilibré l'offre en bas de cycle. Ce sous-investissement allait provoquer une pénurie à l'origine de la spectaculaire flambée des prix du nickel, de l'alumine, du minerai de fer et, dans une moindre mesure du cuivre.

« Il n'y a que peu dans l'histoire de l'économie qui nous prépare à ce qui se passe en Chine actuellement ». David Humphreys.  

Depuis l'orée du 21ème siècle le principal facteur derrière la forte poussée des cours des matières premières industrielles a été l'exceptionnelle augmentation de la demande chinoise. Les importations chinoises de pétrole brut ont augmenté de 31% pour atteindre 91 millions de tonnes. Pour alimenter son développement industriel, la Chine consomme aujourd'hui, selon l'AIE, 5,46 millions de barils par jour - plus que le Japon qui en consomme 5,43 millions mais loin derrière les 20 millions des Etats-Unis -. Notable progression également des importations de non-ferreux puisque les achats chinois d'alumine ont enregistré une hausse de 23 %, ceux de nickel raffiné de 110 %, tandis que pour les concentrés de cuivre et de plomb les chiffres étaient respectivement de 29 et de 75 %.

« La Chine est une énorme éponge », répond en écho l'analyste minier de JP Morgan Daniel Major. Un dollar de croissance chinoise génère une consommation de commodités triple de celle induite par un dollar américain. En effet en 2003, pour la première fois le PIB chinois par tête passait le seuil des 1 000 dollars tandis qu'en équivalent pouvoir d'achat (PPP), la part de la Chine dans une croissance mondiale de 3,2 % était de 1,1 % contre 0,7 % pour les Etats-Unis et 0,2 % pour le Japon et l'Europe. La consommation d'acier chinoise aura atteint 250 millions de tonnes en 2003, plus que le Japon et les Etats-Unis réunis.

Cette croissance remarquable, 30 millions de tonnes par an, ne devrait pas ralentir avant 2010 selon Li Shinjun, le sous-secrétaire général de la China Society for Metal Studies. Pour appuyer sa projection, Li Shinjun rappelle que le plus haut niveau de consommation et de production d'acier des pays développés a coïncidé avec des taux d'urbanisation compris entre 65 et 90 % alors qu'en 2001 il n'était que de 37,7 % en Chine. A leur plus haut niveau, consommation et production des pays urbanisés atteignaient respectivement 468 et 500 kilos par tête. En 2010, la consommation chinoise est attendue à 181 kilos.

Comme le souligne Graham Birch, responsable pour Merrill Lynch du plus important fonds d'investissement sur les ressources naturelles, ce ne sont pas les entreprises, chinoises ou transplants, tournées vers l'exportation mais celles qui participent aux colossaux travaux d'infrastructure qui accompagnent l'urbanisation rapide du pays.  

La hausse des non-ferreux se poursuit

Après une hausse moyenne des cours très inférieure aux attentes au premier semestre, les prix des métaux se sont vivement appréciés au quatrième semestre. Pour les analystes de Merrill Lynch les prix devraient connaître leur haut de cycle à mi 2005. Selon le consensus Reuters, les moyennes annuelles des prix de l'ensemble des métaux de base devrait s'établir en hausse par rapport à 2003 de respectivement 20 et 22 %. Ingrid Sternby, analyste de Barclays Research, est au contraire catégorique, le plus haut sera atteint au deuxième trimestre 2004 et, bien que fermes historiquement, les cours de 2005 seront en décrue. Ses prévisions se situent en haut du consensus pour 2004, + 29,2 % et parmi les plus faibles pour 2005, + 9,2 %.

De même, les analystes de Macquarie Research, ont revu leurs prévisions à la hausse ; d'une tournée de rencontre sur les non-ferreux aux Etats-Unis, ils ont ramené l'impression que le retour de la hausse de la demande se précise. Impression confirmée par la forte hausse de l'indice composite avancé des métaux primaires de l'USGS annonçant pour 2004 une accélération de la reprise de l'activité.

La forte poussée des cours a été accentuée d'un côté par la hausse vis à vis du dollar des monnaies des pays producteurs, renchérissant les coûts de production - allant même pour le platine jusqu'à remettre en cause certains projets - et par le jeu des fonds spéculatifs. Durant certaines séances souligne Ingrid Sternby les achats et ventes des fonds représentent sur le marché du cuivre jusqu'à 50% des mouvements. Une chute de 2 000 dollars de la cotation du nickel en une seule séance ne peux également s'expliquer que par la liquidation de positions longues détenues par des fonds dans un marché étroit.

 Daniel KRAJKA


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