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Grandes manoeuvres dans les mines : rumeurs et démentis

Le 11 décembre 2007 par Rédaction L'Usine Nouvelle
  Riotinto7
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Pour Rio Tinto, comme pour Xstrata, un mariage n'est pas une question de sentiments mais de montant de l'offre.

Plus d'un mois après l'offre informelle de 3 actions BHP Billiton pour 1 action Rio Tinto (soit, au gré des cours, environ 140 milliards de dollars), l'australien Rio Tinto a confirmé avoir écrit au Takeover Panel (la commission britannique en charge de la régulation des fusions-acquisitions), afin qu'elle fixe un terme à l'opération. Si le Takeover Panel fixait un délai au dépôt d'une offre formelle, BHP aurait entre 4 et 6 semaines pour faire une proposition formelle. Sinon, il devrait attendre au moins six mois pour faire une autre proposition.

Ce que les Anglo-Saxons résument d'une formule : « to put up or to shut up », soit « l'ouvrir ou la boucler ». Cette demande correspond bien à la volonté de Rio de faire monter les enchères, pour une offre jugée par la direction comme nettement insuffisante, ont commenté les observateurs. « S'ils sont sérieux, ils vont devoir venir avec une offre sérieuse », a approuvé l'analyste de Fat Prophets, Gavin Wendt, qui estime qu'une offre de 4 pour 1 aurait une bonne chance de convaincre les actionnaires de Rio. BHP aurait les moyens de mettre 27 milliards de dollars cash supplémentaires sur la table en plus du rachat d'actions de 30 milliards de dollars promis pour réévaluer la valeur des actions, estime la banque UBS. « Tout ce que nous pouvons dire à ce stade, c'est que nous restons engagés dans une démarche que nous estimons logique et convaincante et dans laquelle nous aimerions voir Rio s'engager avec nous », commentait de son côté une porte-parole de BHP.

Malgré le démenti formel d'une contre-offre sur Rio, la cotation du sidérurgiste chinois, Baosteel, a été suspendue le 11 décembre sur la Bourse de Shanghai, « dans l'attente d'une annonce majeure ». Le fonds d'investissement américain Blackstone a également démenti préparer, en collaboration avec un fonds souverain chinois, une contre-offre sur Rio. Selon le Daily Telegraph, Blackstone, qui gère près de 100 milliards de dollars d'actifs, aurait eu l'intention de dépecer Rio pour financer le rachat. Ses considérables gisements de minerai de fer - Rio est le numéro deux du secteur - estimés à eux seuls à quelques 110 milliards de dollars, auraient, dans cette hypothèse, été cédées à des entreprises chinoises, désireuses de sécuriser les approvisionnements de leur sidérurgie.

Le fonds souverain chinois China Investment Corp (CIC), qui gère la bagatelle de 200 milliards de dollars, est depuis peu actionnaire de Blackstone, une aide plus que nécessaire pour s'emparer de Rio qui a déjà une quarantaine de milliards de dollars de dette. Selon des sources bancaires proches du dossier interrogées par Reuters, Blackstone associé à plusieurs banques et fonds d'investissement s'efforçait d'obtenir du gouvernement chinois qu'il s'implique dans ce dossier. Le directeur de CIC, Lou Jiwei, s'est pour la première fois embarqué dans une tournée de dix jours, qui devrait le mener au Royaume-Uni, en France et à Singapour.

Xstrata, le chasseur chassé

Le suisse Xstrata étudie les propositions qui pourraient lui être faites, croit savoir le Financial Times. Après avoir successivement acquis depuis 2003 MIM Holdings, Falconbridge, Jubilee Mines, c'est au tour de la firme basée à Zoug de se retrouver en position de cible. Le quotidien saumon confirme ce matin la réalité des approches de Vale - malgré les dénégations de son patron, Roger Agnelli, rappelant le développement de sa croissance organique - et d'Anglo American. Mick Davis, le patron du zougois, a récemment déjeuné avec son homologue d'Anglo, Cynthia Carroll au siège d'UBS, la banque conseil de ce dernier. Davis a également demandé à ses conseils, JP Morgan Cazenove et Deutsche Bank, d'étudier les propositions de ses concurrents. Les représentants des deux banques ont rencontré leurs collègues de Lehman Brothers et Merrill Lynch, qui ont une fonction analogue pour le brésilien Vale. Réunion à laquelle assistait Banco Santander, qui, selon le quotidien, aiderait à financer l'opération.

Comme pour l'offre de BHP, le Takeover Panel a insisté pour que les prétendants se dévoilent, mais, les discussions n'en étant qu'à des préliminaires, il n'y a aucune obligation formelle à se déclarer. Toute offre sur Xstrata devra se concilier l'approbation de Glencore qui contrôle 35% de son capital. Il semble difficile que le trader renonce à ses droits exclusifs de commercialisation des nickel, cobalt et ferroalliages produits par Xstrata. Un facteur qui complique sérieusement toute transaction concernant le zougois. Enfin, pour l'analyste de Blackmont Capital, George Topping, c'est le producteur américain de molybdène, General Moly, qui pourrait bien se retrouver bientôt la cible d'une offre de l'un des grands du secteur cuprifère, Freeport-McMoRan, Thompson Creek Metals ou Grupo Mexico. General Moly fait déjà l'objet des attentions du sidérurgiste ArcelorMittal qui vient de racheter 12,6% de ses actions. La nouvelle vague de consolidation du secteur métallurgique et minier déclenchée par l'offre de BHP n'est décidément pas achevée.

Daniel Krajka

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