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Rio Tinto ne veut plus aller au charbon

Le 04 avril 2013 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


Poursuivant sa nouvelle politique de concentration sur ses actifs les plus rentables, la compagnie minière veut céder ses mines de charbon australiennes. 

 

Rio Tinto, une grande compagnie minière diversifiée ? De moins en moins, si l’on considère la politique de cessions d’actifs mise en place par la nouvelle direction du groupe anglo-australien. Selon un article du Wall Street Journal, Rio Tinto a confié à Deutsche Bank le soin de trouver un acquéreur pour une participation de 29% dans sa filiale Coal & Allied Industries. Le groupe ramènerait ainsi à 51% ses parts dans Coal & Allied Industries qui déteint plusieurs mines de charbon thermiques, et aussi métallurgiques, en Australie, en Nouvelle-Galles du Sud. Cette opération devrait lui rapporter plus de 3 milliards de dollars. Sam Walsh, qui récemment a pris la tête du groupe, a déclaré que Rio allait procéder à au moins 5 milliards de dollars de cessions. 
 
Déjà actionnaire de Coal & Allied Industries, Rio Tinto avait racheté, associé au japonais Mitsubishi, les parts des actionnaires minoritaires fin 2011. Cette opération valorisait le sixième producteur de charbon d’Australie en termes de production, à 10,6 milliards de dollars australiens. Le Japonais détenait désormais 20% de la société charbonnière. Deutsche Bank a également été chargée de la cession des intérêts de Rio dans d’autres mines de charbon thermique en Australie, Clermont et Blair Athol, dans l'Etat du Queensland, pour un montant qui devrait dépasser 1 milliard de dollars. Des projets que Rio Tinto n’a pas voulu confirmer, précise le quotidien financier. 
 
Les nouveaux dirigeants des grandes compagnies minières ont été nommés avec le mandat impératif de placer les dividendes au-dessus des volumes. Après la congélation, ou la suppression pure et simple, des investissements les plus complexes ou les plus douteux en termes de rentabilités, les compagnies se concentrent sur leurs actifs les plus profitables. Pour se procurer les capitaux indispensables, elles revoient en profondeur la composition de leurs portefeuilles d’actifs et procèdent à des cessions. Rio a déjà mis en vente ses mines de fer canadiennes, sa division diamants et sa branche Pacific Aluminium. Commonwealth Bank of Australia estime que Rio pourrait se procurer 13,5 milliards de dollars en cédant ses diamants, son charbon au Mozambique et sa division uranium. La banque va jusqu’à affirmer que Rio augmenterait ses profits en ne conservant que ses mines de fer australiennes et deux mines de cuivre au Chili ! En 2012, plus de 80% de son ebitda était assuré par ses mines de fer et la quasi-totalité du reste par ses activités cuprifères. 
 
Le charbon thermique est devenu un investissement moins attractif pour les compagnies minières. Concurrencé par le gaz naturel et par le gaz de schiste aux Etats-Unis, le charbon thermique subit également les conséquences de la faiblesse de l’activité industrielle en Europe. Si elles sont toujours élevées, les importations chinoises de charbon ont baissé en février de 40% par rapport à décembre 2012, note Macquarie Research. Une réduction des achats qui a avant tout touché les importations de charbon d’Australie et d’Afrique du Sud et obligé les producteurs à diminuer leurs prix. Quant aux prix, ils se traitent autour de 100 dollars la tonne, au plus bas depuis octobre 2010. S’ils se sont redressés après avoir chuté sous les 70 dollars en mars 2009, ils sont loin des 190 dollars dépassés en juillet 2008. Le secteur charbonnier australien se plaint également de l’alourdissement de la fiscalité, de coûts de production qui augmentent, en particulier ceux du travail, et d’un dollar australien en hausse vis-à-vis du billet vert.  
 
Rio n’est pas le seul à vouloir se désengager de ses activités charbonnières. BHP Billiton veut céder sa mine de charbon métallurgique de Gregory Crinum dans le Queensland. L’américain Peabody Energy Corp a annoncé en fin d’année préparer la vente de sa mine de charbon thermique de Wilkie Creek, également dans le Queensland. Et, toujours selon le Wall Street Journal, le brésilien Vale a confié à Bank of America Merrill Lynch la tâche de trouver un acquéreur pour ses gisements charbonniers de Belvedere et Degulla, qui ne sont pas encore exploités.


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