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Rio Tinto investit à l'économie

Le 03 décembre 2013 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


Afin de "créer de la valeur pour ses actionnaires", le géant minier va diviser par deux ses dépenses d'investissement d'ici à 2015. La priorité est plus que jamais donnée aux dividendes, la production ne sera augmenté que là où elle est largement rentable.


Lors d'un séminaire destiné aux actionnaires qui s'est déroulé à Sidney, Sam Walsh, le directeur exécutif de Rio Tinto, a confirmé le tournant stratégique opéré par le géant minier anglo-australien. "Nos dépenses d'investissement sont en diminution et seront encore réduites vers les 11 milliards de dollars l'an prochain", a souligné le dirigeant du numéro deux de la mine, jugeant les marchés "fragiles et volatils". Ses dépenses d'investissement qui avaient grimpé à 17,42 milliards en 2012, sont budgétées à 14 milliards en 2013 et devaient tomber à 11 milliards en 2014 et 8 milliards l'année suivante. La réduction moyenne d'une année sur l'autre est de 20%, a souligné Walsh. De même, les dépenses d'exploration pour les dix premiers mois de l'année ont baissé de 800 millions de dollars, plus donc que l'objectif de 750 millions d'économies.  

 
Une partie importante de cet objectif de réduction des dépenses d'investissement sera réalisée dans le Pilbara, comme le groupe l'a récemment expliqué. La montée en puissance des mines de fer jusqu'à une production de 360 millions de tonnes (Mt) se fera avec un investissement inférieur de 3 milliards à celui qui était initialement budgété. Rio ne pouvait se permettre de réduire son objectif de production dans le minerai de fer alors que ce secteur a assuré plus de 80% de son ebitda en 2012. Si le minerai de fer et, dans une moindre mesure le cuivre, restent des matières privilégiées en termes d'investissement, ce n'est plus le cas du charbon, de l'aluminium et des autres métaux industriels. 
 
 
N'ayant pas réussi à céder les actifs de la filière aluminium réunis sous l'appellation "Pacific Aluminium", Rio vient d'annoncer la fermeture de la raffinerie d'alumine de Gove en Australie. Assumant l'erreur couteuse du rachat d'Alcan, Rio continue de céder des actifs dans l'aluminium et de réduire des coûts d'exploitation qui, en octobre, avaient baissé pour les dix premiers mois de l'année de 450 millions de dollars sur un an. Depuis 2009, les effectifs de Rio Tinto Alcan ont été réduits de 21%, a rappelé Jacynte Côté, dirigeante de cette branche. Une stratégie qui a entrainé d'importants progrès de productivité, 47% dans les mines de bauxite, 17% dans les raffineries d'alumine et 19% dans les alumineries. 
 
Le programme de cessions annoncées ou réalisées en 2013 aura rapporté 3,3 milliards de dollars, dont 315 millions pour la vente d'une participation dans Constellium. Dans le cuivre, Rio va réaliser 1,8 milliard de cessions pour se concentrer sur quatre gisements dont les réserves sont abondantes et peu couteuses à extraire. Entre 2012 et 2015, la productivité par salarié aura bondi de 50%, précise Rio qui concentrera son activité cuprifère sur quatre gisements et deux projets.  
 
Les coûts opérationnels de Rio ont déjà baissé de 1,8 milliard de dollars et l'objectif de 2 milliards d'économies pour 2013 devrait être atteint a affirmé Sam Walsh. Depuis 2008, une vingtaine de cessions ont été réalisées pour une valeur totale de 16,9 milliards de dollars. Le nombre de salariés du groupe a été réduit de 3 800 depuis juin 2012, en tenant compte de 1 800 embauches dans le minerai de fer. Les cessions ont entrainé également une réduction des effectifs totaux de 3 000 travailleurs.
 
"En Chine, les décisions prises par le gouvernement à l'occasion du troisième plenum, le mois dernier, reflètent une ambitieuse, mais pragmatique, approche pour poursuivre les réformes et confirmer notre attente d'un changement graduel qui réduira les risques de ralentissement économique brutal". S'affirmant optimiste, le dirigeant table sur l'urbanisation de la Chine et des autres pays émergents pour maintenir une demande importante de ses produits; "les perspectives de notre activité sont solides et nous renforçons notre capacité à capitaliser sur les opportunités qui s'offriront à nous dans le futur", conclut Sam Walsh. 
 
 
Le programme de Rio a été salué par Jeff Largey, un analyste de Macquarie. "Rio continue d'impressionner avec un programme de développement minier intelligent, une focalisation disciplinée et tenace sur l'exécution et montre tous les bons signaux de gestion du capital", a commenté l'analyste. Positif sur la stratégie de Rio sur le minerai de fer, il estime que sa mine de cuivre d'Oyu Tolgoi en Mongolie peinera à générer des profits en 2015. Dans la filière aluminium Rio joue la bauxite dont les aluminiers chinois auront besoin, un choix qui devrait être positif pour ses résultats. Les réductions des dépenses d'investissement vont permettre à Rio d'augmenter le retour pour les actionnaires, un choix qui ne peut qu'avoir l'assentiment de la banque australienne.


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