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Rio Tinto compte produire plus de minerai de fer, mais en économisant 7 milliards de dollars

Le 30 novembre 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


Le géant minier veut continuer d’investir massivement dans le minerai de fer. Mais il fera tout pour que ces investissements soient le moins couteux possible afin de soigner ses actionnaires. 

 

Le ralentissement de la croissance chinoise, la crise de la dette en Europe et le ralentissement généralisé de la hausse de la demande en métaux se sont conjugués pour faire sensiblement baisser les prix des minerais. Le prix de la tonne de minerai de fer a ainsi plongé il y a quelques mois vers les 90 dollars avant de se redresser autour de 120 dollars. Les grands mineurs diversifiés ont aussitôt réagi en réduisant leur offre, et en reportant, ou en annulant une part importante de leurs grands projets. Dans le même temps, les sociétés se polarisaient sur la satisfaction de leurs actionnaires, n’hésitant pas à augmenter leurs dividendes alors que leurs profits reculent fortement. L’objectif sera bien, pour les années à venir, « le contrôle des coûts », a martelé Tom Albanese, le directeur exécutif de Rio Tinto. 
  
« Les perspectives macroéconomiques à court terme sont toujours volatils avec de grosses incertitudes sur la croissance des Etats-Unis et de l’Europe », ont rappelé les dirigeants de la compagnie minière australo-britannique Rio Tinto, lors de leur présentation annuelle aux investisseurs à Sidney. Tablant sur un léger rebond de la croissance du PIB chinois à un peu plus de 8% en 2013, le groupe s’affirme « prudemment » optimiste. La demande d’acier en Chine devrait continuer de s’apprécier rapidement pour atteindre un pic de un milliard de tonnes, avant de refluer progressivement. Pour répondre à cette demande en hausse, Rio Tinto a confirmé la poursuite des investissements qui amèneront sa production dans le Pilbara, en Australie, à 360 millions de tonnes (Mt) d’ici à 2016. 



 
 




 
 
Contrairement à ses grands concurrents, BHP Billiton et le brésilien Vale, Rio va tenter de maintenir son rythme de développement dans le minerai de fer, mais en pressurant ses coûts. Il veut toujours investir 21 milliards de dollars dans ses mines et la logistique tant portuaire que ferroviaire. D’ici à fin 2014, il vise par contre un objectif d’économies de 5 milliards de dollars sur ses coûts opérationnels par rapport à ceux de 2012. Sont visés en particulier les branches charbon et aluminium, particulièrement en Australie où l’inflation des coûts a été importante, a rappelé Tom Albanese.  Il faudra cependant que les conditions du marché et de l’environnement opérationnel restent stables. Il suffirait donc que les taux de change ou les prix des matières premières varient sensiblement pour que la réalité de ces économies soit difficile à suivre, pointe Jeff Largey, un analyste de Macquarie Research. Bien que la direction de Rio affirme que toute fermeture de capacité sera dépendante de sa profitabilité et non de la réalisation de ces objectifs de réduction de coûts il est difficile de penser qu’elles n’entraineront pas de réduction du chiffre d’affaires, estime l’analyste. 
 
De plus, Rio compte dans le même temps économiser 1 milliard de dollars en améliorant la productivité de ses mines et un autre milliard en réduisant des dépenses d’exploration et d’évaluation de nouveaux projets. Tout nouveau projet devra faire preuve d’une profitabilité supérieure en termes de retour pour les actionnaires. Les sommes précédemment destinées à des investissements pourraient donc être consacrées à des rachats d’actions. La volonté des grands mineurs diversifiés de préserver la bonne notation de leurs dettes et de choyer leurs actionnaires quelles que soient les circonstances, pourraient les entrainer à agir en investisseurs « procycliques », investissant et rachetant leurs actions en haut de cycle, quand les prix sont élevés et vendant des actifs ou repoussant les investissements quand les prix sont bas, s’inquiète Largey. Ces économies pourraient se payer cher dans le futur, met en garde l’analyste. 
 
D’ici à 2020, prévoit Rio, ses coûts unitaires dans le Pilbara auront été réduits de 25%, plus que les baisses attendues pour BHP (10%) et pour Vale (14%). Rio met en avant la taille de ses mines, supérieures à 4 Mt. Il table également sur sa « Mine du futur » qui lui amènera des économies substantielles. L’automatisation progressive de ses engins miniers et de transport – il a commandé 150 tombereaux sans conducteurs – lui permettra de recruter 900 salariés de moins que prévu. Le coût de la tonne de minerai de fer livré en Chine – incluant royalties, transport et dépenses en capitaux –  devrait baisser de 47 dollars à 35,5 dollars, dès que les travaux d’infrastructure seront achevés a précisé Sam Walsh, le responsable de la branche fer du groupe. 

 
 

 
 






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