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"Les patrons des grandes mines ont merdé", affirme Ivan Glasenberg

Le 26 février 2013 par Daniel Krajka


Les compagnies minières ne sont pas là pour investir, mais pour dégager des profits et les reverser aux actionnaires, explique Ivan Glasenberg.

 

Invité à s’exprimer lors d’une conférence sur l’industrie minière organisée par BMO Capital Market à Hollywood, le directeur exécutif, et principal actionnaire, de Glencore, Ivan Glasenberg, n’a guère montré de compassion pour ses anciens collègues. « Les grands chefs ont vraiment merdé » [the big guys really screwed up], a déclaré Glasenberg aux investisseurs, expliquant qu’à trop vouloir réinvestir leurs profits dans de nouveaux actifs, les compagnies minières avaient inondé les marchés de métaux et de minerais, entrainant des surplus, qui bien sûr ont provoqué la chute des cours entraînant les profits avec eux. 
 
« Nous avons toujours voulu construire, réinvestir le numéraire gagné dans de nouveaux actifs. C’est justement ce que doit arrêter de faire l’industrie minière. Nous devons apprendre l’offre et la demande. » Rappelant que les trois dirigeants des géants miniers cotés à Londres avaient perdu leur emploi, Glasenberg a dit son « espoir que la nouvelle génération de directeurs aura retenu la leçon ». Il est temps d’arrêter d’investir et de commencer à verser des dividendes aux actionnaires, a-t-il martelé. « Nous allons retarder nos investissements, mais qui s’en soucie ? », a expliqué le directeur de Glencore, soulignant que les retards dans les investissements miniers aideront à prolonger le cycle haussier des matières premières.  
 
En écho aux propos du dirigeant, l’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé les perspectives de Rio Tinto de stable à négatif. Les analystes de S&P Andrey Nikolaev and Karl Nietvelt indiquent que cette dégradation de perspective correspond à une chance sur trois pour que la note de la compagnie minière soit abaissée dans une période comprise entre 12 et 18 mois. Des dépenses d’investissement de 17 milliards de dollars et une création de liquidités relativement faible ont fait grimper la dette brute de Rio de 21,5 à 26,7 milliards en 2012. Estimant à 33 milliards la dette nette de Rio, les analystes la juge incompatible avec sa note actuelle, A-A2, qui ne devrait pas dépasser les 30 milliards. Toutefois, Rio pourrait regagner une perspective stable si les prix du minerai de fer se stabilisent au-dessus de 120 dollars par tonne ou si le groupe réduit son endettement en procédant à d’importantes cessions.

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