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Les firmes japonaises à la conquête de l’Afrique

Le 09 février 2011 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


Pour se procurer l’accès aux minerais nécessaires à leur économie, les Japonais vont investir des milliards de dollars pour développer les gisements africains.

En marge d’une conférence minière, le vice-ministre de l’Economie, du Commerce et de l’Industrie, Yoshikatsu Nakayama, a confié à Reuters les ambitions japonaises en termes de développement minier en Afrique. Les sociétés chinoises, largement soutenues par leur Etat, sont déjà très présentes dans l’exploitation du riche sous-sol africain. Elles ont investi des milliards de dollars pour développer de nombreux projets, non seulement dans le domaine minier mais également dans la construction des infrastructures.

 

Pour sécuriser ses approvisionnements en matières premières, en particulier en métaux critiques comme le lithium ou les terres rares, le Japon avait créé le 29 février 2004 le Japan Oil, Gas and Metals National Corporation ou Jogmec. Equivalent du BRGM, mais avec beaucoup plus de moyens financiers, l’organisme est en charge de la sécurisation des besoins du pays tant en pétrole et en gaz naturel qu’en métaux et minerais. Il gère également les réserves stratégiques de matières du pays, fournit des financements aux projets, assure une veille économique et étudie les développements technologiques avec une attention particulière pour le recyclage.

 

Alors que d’importants pays miniers comme la Zambie, située au cœur de la Copperbelt africaine, ont demandé au Japon pourquoi il ne s’engageait plus énergiquement en Afrique, Yoshikatsu Nakayama a justifié la politique prudente du Japon. « A travers une participation directe du Jogmec, ou avec des capitaux amenés par le Jogmec à des sociétés japonaises, chaque projet recevra plusieurs centaines de millions de dollars », a souligné le vice-ministre. Au-delà des projets miniers, le Japon ne demande qu’à participer au développement des infrastructures de l’Afrique, centrales électriques, transports, en particulier les liaisons ferroviaires.

 

Niant le fait que l’arrivée du Japon est trop tardive, le ministre a souligné qu’« une fois la décision prise, les sociétés japonaises investissent environ un milliard de dollars et achètent une part importante du minerai produit ». Les grandes sociétés japonaises de trading, Mitsui, Mitsubishi et Itochu, sont déjà très présentes en Afrique. Itochu  participe au développement d’une mine d’uranium en Namibie. Mitsui s’est allié au brésilien Vale pour relancer une mine de manganèse au Burkina-Faso. D’autres Japonais participent à l’extraction des platinoïdes en Afrique du Sud.

Les sociétés japonaises contribuent également à des projets miniers dans toutes les zones du monde. Sumitomo s’est récemment associé à l’américain Molycorp pour relancer la production de terres rares. Une opération qui a également reçu le soutien financier du Jogmec. En Bolivie, c’est le Jogmec qui intervient directement pour aider le gouvernement à développer ses vastes gisements de lithium.

 

 


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