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Les compagnies minières ont du cash, mais pas l’accord des actionnaires pour l’investir

Le 04 décembre 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


Les grandes compagnies minières multiplient les annonces de réduction de leurs investissements. Destinées à économiser la trésorerie, ces réductions de coûts auront un impact important à long terme sur leur capacité à répondre à une demande qui ne pourra que rebondir.

 

Elles ne mourraient pas toutes, mais toutes étaient frappées : on pourrait paraphraser La Fontaine pour décrire la réaction collective des grandes compagnies minières à la chute des prix qui a accompagné le ralentissement de la croissance de la demande chinoise et sa baisse en Europe. Les trois grandes sociétés minières diversifiées ont annoncé des réductions sensibles de leurs investissements. Mais, outre les économies à court terme, les BHP Billiton, Rio Tinto et Vale ont remis à bien plus tard leurs projets géants – Olympic Dam, le Simandou – et vont céder des actifs dans l’aluminium et le charbon. La priorité donnée à la satisfaction des actionnaires aura des répercussions sur l’offre à long terme, met en garde Mike Elliott, Global mining leader d’Ernst & Young. 
 
« Fondamentalement, la demande de minerai et de métaux demeure solide et nous constatons déjà une augmentation de la croissance en Chine, avec une attente qu’elle se maintiendra en 2013 », pronostique Mike Elliott. Il s’inquiète cependant de l’impact sur la quantité de minerais à venir que pourront provoquer ces réductions d’investissement. La contrainte sur l’offre sera le principal moteur pour de nombreuses matières à moyen terme, en particulier le minerai de fer, le cuivre et le plomb, estime Elliott. Il faudra des prix plus élevés pour attirer les investissements nécessaires pour satisfaire l’évolution de la demande à long terme. 
 
Il y a un an la priorité pour les compagnies minières était de maximiser la production pour profiter des prix élevés. « La volatilité créée par une économie mondiale qui fait les montagnes russes depuis douze mois et l’explosion des coûts dans le secteur ont créé un environnement opérationnel bien différent pour les compagnie minières », souligne Mike Elliott. L’augmentation de la volatilité a amplifié l’aversion aux risques des investisseurs qui à leur tour font pression sur les sociétés pour qu’elles réalisent leurs projets en cours plus économiquement et ne dépensent pas leur capital dans de nouveaux projets. 
 
Les actionnaires des compagnies minières ont changé. Attirés par les taux de profit particulièrement élevés dans le secteur minier au cours des dix dernières années, de nouveaux investisseurs sont venus dans cette  industrie. Moins habitués à la cyclicité du secteur minier, et n’ayant pas de vue à long terme, ils sont « plus sensibles aux changements des conditions de marché de l’économie mondiale », constate Ernst & Young. C’est pour répondre aux volontés de ces actionnaires que les compagnies minières se sont attaqués à leurs dépenses en capital, la cible la plus facile pour réduire les coûts. Ne disposant plus que de finances limitées pour investir, les sociétés doivent céder des actifs pour trouver le capital nécessaire à leurs investissements. 
 
Les compagnies devront se focaliser l’an prochain sur la nouvelle utilisation du capital qui était destiné à la croissance, sur les relations avec les communautés où sont situés les gisements et sur l’équilibre à trouver entre la restriction des investissements et les nouvelles obligations mises en place par les pays riches en ressources naturelles. Désireuses d’investir à minima, des compagnies minières risquent de perdre leurs licences d’exploitation. En Tanzanie, rappelle Elliott, l’attribution de 300 licences va ainsi être réexaminée. Les compagnies doivent prendre soin de maintenir des relations constructives avec des communautés excitées à l’idée de participer aux bénéfices du boom des matières premières. 
 

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