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Glencore Xstrata n'échappe pas à la correction sur les matières premières

Le 21 août 2013 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Mines


Le géant suisse des matières premières qui affiche une dépréciation d'actifs de 8,8 milliards de dollars subit, comme ses concurrents, les conséquences de la fin du cycle haussier des matières premières. 


"Nous avons toujours voulu construire, réinvestir le numéraire gagné dans de nouveaux actifs. C’est justement ce que doit arrêter de faire l’industrie minière. Nous devons apprendre l’offre et la demande", rappelait Ivan Grasenberg, le directeur exécutif de Glencore Xstrata en février dernier, soulignant que les dirigeants des grands groupes miniers "avaient merdé". Pour ne pas être en reste, le groupe suisse vient à son tour d'annoncer 7,7 milliards de dollars de dépréciation d'actifs pour Xstrata. Et il faut ajouter 1,1 milliard de dollars de dépréciation correspondant aux 34% que Glencore détenait déjà, avant la fusion, dans Xstrata.

 

Le groupe n'a pas donné de précision sur l'origine de ce qu'il avait passé par pertes et profits mais ce sont probablement ses actifs dans le cuivre et le nickel – notamment Koniambo en Nouvelle Calédonie – qui sont les principaux responsables. Glencore a également annoncé des dépréciations de 452 millions sur son complexe nickélifère de Murrin Murrin et de 324 millions sur sa participation dans l'aluminier russe UC Rusal.

 

Cette annonce confirme bien que pour réaliser son projet de fusion entre les deux entités, Ivan Glasenberg et ses associés avaient été obligé de payer plus que le prix de marché. La "fusion entre égaux", pour laquelle Glencore proposait 2,80 actions pour 1 action Xstrata – il a finalement déboursé 3,05 actions pour satisfaire les actionnaires de sa cible – correspondait plus, avec le recul, à 2,50 actions, relève le Financial Times dans sa Lex Column. Ivan Glasenberg s'est toutefois déclaré confiant dans le résultat de la transaction qui devrait rapidement se révéler rentable pour les actionnaires. Les synergies de la fusion devraient rapidement dépasser les 500 millions de dollars a-t-il affirmé.

 

"Aujourd'hui la Chine consomme 40 à 50% de la plupart des commodités", a rappelé le dirigeant de Glencore Xstrata. "Pas moins de 400 millions de personnes vont être urbanisé lors des sept à huit prochaines années. Rien n'a changé dans nos perspectives sur ce qui devrait arriver", a souligné Glasenberg qui table également sur l'Inde qui devrait s'industrialiser à un rythme plus rapide que celui attendu, ce qui entrainera une hausse rapide de sa demande de matières premières.

 

L'ebitda pro forma de Glencore Xstrata pour le 1e semestre 2013, à 6 milliards de dollars, est toutefois légèrement supérieur aux attentes des analystes, note Jeff Largey de Macquarie Research. Malgré la faiblesse actuelle du charbon thermique, le secteur énergie du groupe est résilient et une amélioration de la productivité et de la production ont partiellement contrebalancé la baisse généralisée des prix des matières. La partie négoce du nouveau groupe a également contribué à modérer le recul du résultat final miné particulièrement par la chute des résultats du secteur agricole.

 

Les dépréciations d'actifs ont largement contribué à la hausse du taux d'endettement qui atteint 41%, soit à la fin du 1e semestre 49,2 milliards de dollars, contre 47,9 milliards au 31 décembre 2012. Toutefois, les ventes d'actifs annoncées devraient réduire le gearing du groupe. La vente du projet cuprifère Las Bambas – exigée par les autorités chinoises pour donner leur aval à la fusion – pourrait rapporter 5 milliards de dollars, ramenant le gearing à 38%, estime la banque australienne.

 

Interrogé par Bloomberg, Ivan Glasenberg s'est réjoui de la nouvelle politique de restriction des investissements mise en place par les dirigeants des grands groupes miniers. Andrew Mackenzie, le nouveau directeur exécutif de BHP Billiton, a confirmé lors d'une conférence téléphonique que son groupe avait inauguré une politique de discipline totale des investissements. BHP n'a d'ailleurs pas lancé de nouvel investissement majeur depuis un an a-t-il confirmé. Glenore Xstrata, qui en mai dernier estimait à 29 milliards de dollars ses projets en cours, attend une baisse naturelle de ceux-ci vers les 4 à 5 milliards après 2015. Une baisse qui ne peut que plaire à un Glasenberg toujours sceptique sur les grands projets voraces en capital.

 

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