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Le minerai de fer australien attire les investissements

Le 19 juin 2007 par Rédaction L'Usine Nouvelle
* Mots clés :  JP Morgan, BHP Billiton

Les formidables besoins de la sidérurgie chinoise entrainent la multiplication des projets miniers.

Fortescue, un groupe minier australien, a désigné Citigroup et JP Morgan pour lever un nouveau milliard de dollars pour devenir un des grands du minerai de fer. Ce nouvel effort financier souligne la volonté du fondateur de Fortescue, Andrew Forrest, de se hisser au niveau des deux géants locaux, BHP Billiton et Rio Tinto. Bien qu'il n'ait pas encore extrait la moindre tonne de minerai Fortescue, qui avait déjà levé en août dernier 2,05 milliards de dollars est déjà la troisième société minière en terme de capitalisation du « pays chanceux ».

Situé dans la région de Pilbara, riche en minerai, en Australie de l'Ouest, son projet de Chichester Ranges, pourrait, selon ses promoteurs, produire jusqu'à 200 millions de tonnes (Mt) de minerai de fer par an. A plus court terme, le complexe minier qui devrait enter en activité d'ici à mai prochain, avec un investissement de près de 2 milliards de dollars, pourrait produire 25 Mt de minerai dès 2008. Le développement rapide du site devrait amener la production à 45 Mt l'année suivante et 60 Mt en 2010. Toutefois, certains analystes demeurent sceptiques, en raison particulièrement de la forte hausse des coûts de développement qui a déjà frappé ce projet, comme l'ont été les autres développements miniers en Australie. Le passage de trois cyclones a ajouté plus de 200 millions de dollars à l'addition définitive.

Pour évacuer son minerai Fortescue a engagé un bras de fer judiciaire pour l'utilisation de lignes de chemin de fer appartenant à BHP Billiton. En cas de succès, il tenterait la même opération contre Rio Tinto, très présent dans la région de Pilbara et qui y dispose de moyens logistiques qu'il n'a pas l'intention de partager avec un concurrent.

Les gisements australiens ont également attiré la convoitise de la société de trading japonaise Mitsubishi, qui a décidé d'investir 2,5 milliards de dollars dans un joint-venture avec le producteur de fer de Perth Murchison Metals. Un partenariat avantageux pour les deux associés, souligne le directeur de Murchison, Trevor Matthews. Mitsubishi, qui est déjà associé à BHP Billiton pour l'extraction de charbon à coke, amènera le financement et l'australien conservera 50 % du projet sans avoir à sortir une nouvelle contribution financière. Le projet comprend le développement du site minier de Jack Hills et les constructions ferroviaires et portuaires nécessaires, le tout situé également en Australie de l'Ouest.

Plus modeste, le gisement de Jack Hills, contient tout de même 380 Mt de minerai à forte teneur en fer. Selon Mitsubishi, le joint-venture pourrait extraire annuellement 26 Mt de minerai d'ici à 2011. Destiné à être exporté au Japon, ce minerai représenterait 20 % des achats de la sidérurgie nipponne. Les infrastructures logistiques pourraient être utilisées par les autres développements miniers en projet dans la région. Déjà partenaire du sidérurgiste coréen Posco, Murchison a commencé à lui livrer du minerai depuis février en provenance du stade 1 de développement de Jack Hills. Dans un deuxième stade la production grimpera de 2 à 25 Mt par an qui seront exportées d'un nouveau port en eaux profondes près de Geraldton.

Au Brésil aussi...

Ces multiples projets ne trouveraient pas les financements nécessaires si l'explosion de la sidérurgie chinoise ne leur fournissait pas un débouché apparemment illimité. « La Chine a continué d'importer du minerai de fer et d'autres métaux à un rythme accéléré »,  soulignait au début du mois le directeur financier de CVRD, Fabio Barbosa, lors d'une présentation à Sao Paulo. Malgré une baisse sensible en mai, la Chine a déjà importé 160Mt de minerai depuis le début de l'année. Il a fallu une exceptionnelle augmentation de l'extraction locale de minerai de fer - en hausse de plus de 35 % depuis le début de l'année - pour ne pas avoir à recourir encore plus aux importations. Avec une sidérurgie qui continue de dépasser les prévisions et pourrait produire 500 Mt d'acier en 2007 les mineurs continuent d'investir massivement pour répondre à la demande. Une demande si forte, prévoient les analystes, que les prix annuels pourraient encore enregistrer une hausse de 10 % lors des prochaines négociations entre les mineurs et les aciéristes.

Première entreprise du secteur, le brésilien CVRD, qui avait établi un nouveau record à 264 Mt en 2006, table sur une production de 300 Mt cette année et de 450 Mt d'ici à 2011. Il compte en particulier doubler à 200 Mt par an les capacités de son site géant de Carajas, dans l'Etat de Para. Il a même l'intention de dédier d'ici cinq ans une vingtaine de navires à la fourniture de ses clients chinois, faisant construire quatre minéraliers de 388 000 tonnes et un de 300 000 tonnes.

Ce n'est pas seulement CVRD mais toute l'économie brésilienne qui profite de son minerai riche en fer. Une étude du syndicat professionnel Sinferbase montre que les exportations de minerai de fer du pays ont généré en 2007 un revenu brut de 11,7 milliards de dollars, contre 9,4 milliards l'année précédente. En volume, les exportations ont monté de 223,4 à 244,6 Mt, CVRD en assurant 74 % à lui seul, la Chine représentant 32 % des achats de minerai brésilien.

...et en Ukraine

L'Ukraine est également touchée par l'envol de la demande de minerai de fer. Ferrexpo, le principal producteur et exportateur local de minerai, a levé 420 millions de dollars en introduisant 12 % de son capital sur le London Stock Exchange. Cette opération, la première à Londres par une société ukrainienne, la valorise à hauteur de 1,67 milliard de dollars. Forte de ces nouvelles disponibilités, l'entreprise va investir 219 millions de dollars pour « maximiser la production de ses capacités existantes, développer de nouveaux projets, rembourser ses dettes, et se préparer à des acquisitions qui ne manqueront pas de se présenter dans le secteur des ressources naturelles ». Ferrexpo, dont la production de boulettes est montée de 7,4 Mt en 2005 à 7,8 Mt en 2006, assurant 50 % des importations d'Europe centrale et orientale, compte produire 14 Mt en 2014 auxquelles s'ajouteraient 3,5 Mt de concentrés. Les gisements qu'il exploite ont une durée de vie prévue supérieure à 18 ans, estime le mineur.

Daniel Krajka

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