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Des négociations difficiles pour le minerai de fer

Le 09 novembre 2005 par Rédaction L'Usine Nouvelle

Malgré les protestations des sidérurgistes, les mineurs pourraient à nouveau imposer leur loi.

Le premier round de négociation pour fixer le prix du minerai de fer, qui s'appliquera à partir du 1er avril 2006, va démarrer à mi-novembre. Les 3 producteurs - CVRD, Rio Tinto et BHP Billiton -, qui représentent les trois quart du marché, vont successivement rencontrer les 5 grands sidérurgistes intégrés du Japon, Nippon Steel, JFE Steel, Sumitomo Metals, Kobe Steel et Nisshin Steel. Les parties en présence attendent des tractations difficiles.
Les sidérurgistes qui se disent coincé entre une baisse des prix de l'acier et la forte hausse du coût des intrants - les précédentes négociations se sont soldées par une hausse de 71,5 % du prix du minerai de fer et de 110 % du prix du charbon métallurgique -, veulent sortir d'une situation qui affaiblit leurs marges. Pour les mineurs, au contraire, la copieuse augmentation précédente ne faisait que rattraper des hausses des prix de l'acier en 2003 et 2004 qui avaient boosté les profits des aciéristes. Malgré les baisses de production programmées et déjà effectuées par les sidérurgistes, ceux-ci demeurent cependant profitables dans leur grande majorité.
Jouant en faveur de la position des sidérurgistes, le prix spot du minerai indien, qui est acheté par les consommateurs chinois en complément de leurs contrats à long terme avec les mineurs australiens, est en chute libre. La tonne de minerai indien qui cotait 95 dollars en début d'année a perdu plus de 40 % à 50 dollars. Si la baisse continue, alors que le minerai de fer australien livré coûte environ 50 dollars aux aciéristes chinois, la position des grands producteurs sera fragilisée lors des négociations.
Si les aciéristes chinois ne sont toujours pas invités à la table des négociations, le rôle de la Chine n'en est pas moins prédominant. La production chinoise d'acier en 2005 devrait se situer entre 350 et 360 millions de tonnes (Mt), enregistrant un nouveau bond en avant de 30 % par rapport à l'année précédente. Pour produire tout cet acier la Chine qui avait importé 208 Mt de minerai de fer en 2004, devra en importer 258 Mt en 2005 et 301 Mt en 2006, estime l'International Iron & Steel Institute. Une position qui donne du poids à son refus d'une nouvelle augmentation des prix.
Les mineurs ont pour leur part suggéré des augmentations allant jusqu'à 20 %. « çà leurs monte à la tête», répond Guy Dollé, P-dg d'Arcelor, qui propose de son côté un retour aux prix des contrats de 2004. « Je ne pense pas être vraiment pressé de conclure », affirme Sam Walsh, de DG de Rio Tinto, « le marché est tendu ; il va rester tendu ». Malgré les importants investissements initiés par Rio Tinto et ses concurrents, Walsh n'attend pas de surplus du marché. Une opinion partagée par l'analyste Patrick Cleary de CRU, qui, malgré les milliards de dollars investis ne voit pas la fin des tensions du marché.
La majorité des analystes estiment aujourd'hui que les mineurs vont réussir à imposer une nouvelle hausse. Les baisses de production hors Chine sont plus que compensées par l'augmentation de la production du dragon. Pour la branche courtage de la banque ABN Amro la saison des amours devrait accoucher d'une hausse de 10 %. L'année suivante par contre le ralentissement attendu de la croissance de la sidérurgie chinoise devrait entraîner une rechute de 25 % des prix du minerai. Les estimations de hausse de JP Morgan et de National Australia Bank sont plus modestes, de respectivement 7,5 et 5 %. Par contre le DG de OneSteel, à la fois le 2ème aciériste australien et un producteur de minerai de fer secondaire, table sur une hausse de 15 %.
Daniel Krajka


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