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C'est l'Amérique pour ArcelorMittal et Nippon Steel

Le 02 décembre 2013 par Daniel Krajka
* Mots clés :  ArcelorMittal, Métaux ferreux


Les deux plus importants sidérurgistes mondiaux vont profiter des déboires de ThyssenKrupp pour se positionner sur la fourniture d'acier destiné à l'industrie automobile dans le sud des Etats-Unis.


ThysseKrupp a finalement réussi à trouver un acquéreur pour son unité de laminage de Calvert en Alabama. Les deux plus importants sidérurgistes du monde, le luxembourgeois ArcelorMittal, et le japonais Nippon Steel & Sumitomo Metal Corporation (NSSMC), se sont associés à parts égales pour offrir 1,55 milliard de dollars à leur concurrent allemand et disposer d'une usine flambant neuve, prête à alimenter les nombreuses usines automobiles, souvent japonaises, qui ont remplacé Detroit, pour alimenter un marché des Etats-Unis en plein renouveau.

"C'est une importante acquisition stratégique pour ArcelorMittal", a expliqué Lakshmi Mittal, le principal actionnaire et directeur exécutif du sidérurgiste. "L'usine de Calvert est la plus moderne unité de finition du monde. Elle complète idéalement nos opérations existantes aux Etats-Unis et en Amérique et améliorera notre capacité à fournir nos clients dans l'automobile et d'autres marchés au sud des Etats-Unis, où nous n'avions pas de capacités équivalentes. Nous avons travaillé depuis des années avec NSSMC sur d'autres joint-ventures aux Etats-Unis, non sans réussite et nous préparons à poursuivre cette collaboration", a souligné le dirigeant. Dans un communiqué, le groupe japonais a confirmé sa volonté de livrer les usines américaines de constructeurs japonais en tôles fines avec une haute formabilité et un degré de résistance élevé.

Le dernier chapitre des ambitions allemandes qui se soldent par la vente de ce superbe outil qui lui avait coûté 5 milliards de dollars pourrait prendre du temps. "Considérant la position déjà dominante d'ArcelorMittal sur le marché américain [de l'acier pour l'industrie automobile], il est probable que les autorités vont prendre leur temps pour étudier cette opération", a souligné Heinrich Hiesinger, le directeur exécutif de ThyssenKrupp. Avec optimisme, elle pourrait être finalisée au troisième trimestre, a-t-il indiqué, sans préciser s'il s'agissait du troisième trimestre de 2014 ou de son bilan, qui tombe le 30 septembre. ArcelorMittal assure près de 40% des livraisons d'acier plat à l'industrie nord-américaine de l'automobile. Son partenaire japonais possède également une usine qui livre son acier sur ce segment. Interrogé par la presse américaine, le département de la Justice a refusé de s'exprimer sur l'affaire.  

Commencée en 2007, l'usine de Calvert a produit et livré ses premières bobines en 2010. Les brames sont importés d'une aciérie brésilienne appartenant à ThyssenKrupp qui faisait partie du grand projet ThyssenKrupp Steel Americas, devenu le plus grand éléphant blanc de l'histoire de la sidérurgie mondiale (http://indices.usinenouvelle.com/produits-siderurgiques/thyssenkrupp-la-fin-du-reve-americain.4902). L'accord entre les trois sidérurgistes comprend l'obligation pour l'usine d'Alabama d'acheter pendant six ans 2 Mt de brames à l'aciérie brésilienne du groupe allemand. L'usine de Calvert a une capacité de laminage à chaud annuelle de 5,3 Mt. Ses capacités additionnelles sont de 2,5 Mt de laminage à froid, 1,1 Mt de décapage, 0,6 Mt de recuit continu et 1,4 Mt de galvanisation par immersion à chaud.

Une bonne affaire pour les acheteurs

Pour Michael E. Flitton, un analyste de Citi, la vente n'aura guère d'impact sur les résultats immédiats d'ArcelorMittal. L'opération sera à deux tiers financée par de l'emprunt – augmentation limitée de 1,5% de son endettement au troisième trimestre – et le groupe ne prendra que 258 millions de dollars sur ses liquidités disponibles. "Cette acquisition représente une bonne affaire tant en terme de retour économique tangible que de valeur stratégique intangible", juge l'analyste. Les observateurs tablaient dernièrement sur une vente effectuée à 2 milliards de dollars, la ristourne obtenue par les acheteurs sera jugée positivement par les marchés. En mettant la main sur un outil de grande valeur, les deux sidérurgistes écartent l'arrivée d'un concurrent potentiellement déstabilisateur sur ce marché.

Outre les 2 Mt de brames livrées par l'aciérie brésilienne de ThyssenKrupp, le joint-venture sera alimenté en acier par différentes usines d'ArcelorMittal aux-Etats-Unis, au Mexique et au Brésil. Une opportunité de réaliser 60 millions de dollars de synergies annuelles, estime le groupe luxembourgeois. Auxquelles il faut ajouter le bénéficie d'un taux d'utilisation des capacités de production de brames plus élevé, ajoute le sidérurgiste. Cette acquisition positionne les deux acheteurs sur le segment automobile dans la région où il se développe le plus vite, juge Macquarie qui ajoute que les deux groupes vont également profiter de la croissance rapide du secteur de l'énergie porté par l'envol des hydrocarbures non conventionnels.

Pour ThyssenKrupp, il ne s'agit que de la deuxième meilleure solution, après la cession de l'ensemble de Steel Americas, qui avait été envisagée avec le brésilien CSN comme acheteur. Les 3Mt d'acier produits par son usine brésilienne qui ne seront pas vendus à Calvert seront livrés sur les marchés brésilien et nord-américain, prévoit le groupe allemand. ThysseKrupp a également rompu son accord avec le producteur finlandais d'aciers inoxydables et spéciaux Outokumpu. Il va céder sa participation de 29,9% dans Outokumpu à des investisseurs institutionnels et reprendre possession de son usine de Terni en Italie ainsi que de VDM, qui avaient été cédés à Outokumpu lors de la fusion de sa filiale Inoxum avec le Finlandais (http://indices.usinenouvelle.com/produits-siderurgiques/feu-vert-europeen-pour-le-rachat-d-inoxum-par-outokumpu.4492).


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