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"Les prix des produits agricoles réagissent à une conjonction d’événements particuliers"

Le 25 mars 2014 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles
Luke Mathews
Luke Mathews

ENTRETIEN 

Luke Mathews est analyste chez Commonwealth Bank. Il commente la progression du prix de plusieurs matières premières agricoles depuis le début de l’année. 


Les prix de nombreuses matières premières agricoles remontent depuis le début de l'année. Comment expliquer ce mouvement ? 
La récente augmentation des prix de matières premières agricoles - hausse des prix du blé de 23 % entre la fin du mois de janvier et la mi-mars, appréciation de 15 % du soja entre la fin du mois de janvier et le début du mois de mars - est principalement le reflet de divers événements spécifiques à ce secteur. Les prix du café ont réagi aux conditions de quasi-sécheresse au Brésil. Les prix du soja ont été soutenus par des importations chinoises plus fortes que prévu et par le resserrement des stocks américains. Les prix du blé ont quant à eux été stimulés par l’escalade des tensions en Ukraine et par l'inquiétude suscitée par l'état des cultures de blé d’hiver aux États-Unis. 
 
Comment la crise ukrainienne affecte-t-elle les marchés agricoles ?
La région de la mer Noire s’est imposée au cours de la dernière décennie comme un acteur clef sur le marché mondial des céréales. Les données du département américain de l’Agriculture (USDA) montrent que la Russie et l’Ukraine produisent désormais 74 millions de tonnes (Mt) de blé avec des exportations de 26,5 Mt, soit 17% du commerce mondial. Il y a dix ans, les exportations de blé de ces deux pays atteignaient juste 3,2 Mt, soit 3 % du commerce mondial. L’Ukraine devrait exporter 18,5 Mt de maïs cette saison (16 % du commerce mondial). L’importance de la région de la mer Noire ne doit pas être sous-estimée. Ceci dit, nous pensons qu’il y a une faible probabilité que les tensions entre la Russie et l’Ukraine causent des perturbations significatives du commerce des céréales de cette région.
 
Ces inquiétudes sont-elles amenées à perdurer ?
L’Ukraine et l'Occident ont considéré le référendum sur le rattachement de la Crimée à la Russie comme illégitime. Ce type d’événements fait que la sensibilité du marché aux tensions dans la région soit susceptible de rester élevée. Toutefois, il y a des raisons d’être prudent : il n’y a aucun signe de ralentissement des ventes et des expéditions de céréales de la région de la mer Noire. 
 
Au Brésil, impact limité de la sécheresse sur le sucre
L’épisode de sécheresse qui affecte le Brésil concerne également le sucre, dont le pays est le premier producteur mondial. "Bien que la production brésilienne de sucre soit susceptible d'être affectée par la sécheresse, la région du Centre-Sud est encore susceptible de produire au moins 33 Mt de sucre brut au cours de la prochaine saison. Il s’agit d’un niveau record, qui facilitera les exportations au cours de l’année à venir", tempère Luke Mathews. Le Centre-Sud constitue la première région productrice de sucre au Brésil.

 


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