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“Les prix des grains ont baissé en raison d'une surproduction et d’une qualité moyenne”

Le 04 juillet 2013 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles


ENTRETIEN 

Entretien avec Baudoin Delforge, président du Syndicat général de la Bourse de commerce de Paris.

 

Quels sont les enjeux de la prochaine édition de la Bourse de commerce européenne ?

Cette cinquante-troisième bourse consiste, premièrement, à rassembler les professionnels de la filière agro-industrielle. Il s’agit d’un des premiers événements mondiaux, qui se tient cette année dans un des principaux pays producteurs de grains. De plus, il s’agit d’un moyen de mettre en avant la performance de la filière, qu’elle soit technique, commerciale ou novatrice. Toute la filière sera représentée, de l’amont à l’aval, en passant par les organismes stockeurs de grains, les organismes de contrôle, les sociétés de conseil financier, les organismes de recherche, les transporteurs... Par ailleurs, les organisations de bourses permettent souvent de mettre en place des contrats-cadres.

 
La campagne 2012/2013 s’achève sur le marché des grains. Quels constats en tirez-vous ?
La qualité s’est avérée assez hétérogène. Concernant les prix des grains, les cours n’ont cessé de se dégrader du mois de janvier jusqu’à ce jour. On ne risque pas de revoir tout de suite de campagnes avec de tels prix. Les plus hauts ont été atteints en octobre, novembre et décembre. Il y a eu ensuite des fluctuations. La tendance a été à la baisse, avec un recul des prix de l’ordre de 20 % à 25 %. Cette chute est due à une surproduction ainsi qu’à une qualité moyenne. De plus, nous avons eu l’an dernier une moisson relativement moyenne et les blés ne se sont pas avérés être de bonne qualité en raison de la météo.
 
L’Ukraine, la Russie et le Kazakhstan prennent un poids grandissant sur le marché des grains. Quelles sont les conséquences pour la filière céréalière française ?

Ces pays, qu’il s’agisse de l’Ukraine ou du Kazakhstan, s’organisent en conséquence. L’Ukraine n’offre toutefois pas la même qualité que le Kazakhstan, qui offre des blés assez recherchés. En revanche, l’Ukraine s’est adaptée au niveau de la vente : les achats y sont simples et leurs problèmes logistiques s’améliorent. Les blés y sont vendus moins chers ce qui suscite un large engouement. C’est un phénomène que l’on constate depuis quelques années. Il s’agit d’un élément récurrent. En revanche, ces pays, qui disposent d’un important potentiel productif, ont également un fort potentiel de risques : en cas de gel, la production de céréales peut être divisée par deux ou par trois. L’effet de cette poussée représente une concurrence rude pour la filière française sur le bassin méditerranéen. A titre d’exemple, l’Espagne a tendance à se tourner vers les pays exportateurs offrant les meilleurs prix.
 
La production mondiale de blé passerait de 655 Mt à 682 Mt et celle de maïs de 854 Mt à 945 Mt en 2013/2014. Ces projections se confirment-elles ?

Il faut rester extrêmement prudent. Les prévisions sont communiquées six mois à l’avance, à partir de statistiques et de moyennes. Elles ont le mérite d’exister mais elles fournissent seulement une fourchette de production. Depuis plusieurs années, nous ne sommes pas à l’abri d’un accident climatique. Si une catastrophe survient aujourd’hui en France, nous perdrons en volume et en qualité. Pour cette campagne, nous savons déjà que la récolte ne devrait pas être catastrophique, mais je ne suis pas si sûr qu’elle soit pléthorique.

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