imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cette page sous Twitter S'abonner au flux RSS de Indices et Cotations

« Le volume de la production brésilienne de sucre dépend en partie du prix de l’éthanol »

Le 15 mai 2013 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles


ENTRETIEN 

Entretien avec Andy Duff, responsable de la stratégie pour le secteur sucrier au département Food & Agribusiness de Rabobank.

 

D'après le département américain de l’Agriculture, la production mondiale de sucre devrait progresser au terme de la campagne 2012/2013. Cette perspective se confirme-t-elle ?
Notre estimation actuelle de la production mondiale en 2012/2013 [la campagne s’échelonne d’octobre à septembre] est de 183,8 millions de tonnes (Mt), et nous estimons que cela créera un surplus de 9,6 Mt. Nos premières prévisions pour la campagne 2013/2014 sont quant à elles de 176,8 Mt. Nous estimons que cela va de nouveau engendrer une surproduction, mais plus faible, de l’ordre de 1,5 Mt.
 
Dans vos dernières prévisions trimestrielles, les prix du sucre devraient se stabiliser autour de 18 cents de dollars par livre. Le marché étant excédentaire, pourquoi ne baissent-ils pas davantage ?
Nous pensons que les prix pourraient encore baisser à court terme, d’ici un mois ou deux, lorsque la capacité des usines brésiliennes montera jusqu'à une utilisation maximale des cannes à sucre. Ceci crée typiquement un déséquilibre local saisonnier entre la disponibilité d'éthanol et la demande, qui pousse les prix de l’éthanol à la baisse. Cela signifie ensuite que le prix auquel les usines sont enclines à produire du sucre recule aussi, parallèlement aux prix de l’éthanol.
Nous pensons actuellement que pour cette raison, au cours de la période mai/juin/juillet, les prix mondiaux du sucre pourraient descendre jusqu’à 16,5 cents de dollars par livre. Après cela, nous nous attendons à ce que les prix locaux de l’éthanol reprennent leur hausse, comme ils le font généralement à la fin de la période des récoltes, ce qui devrait permettre de soutenir les prix du sucre à un niveau compris entre 18 et 19 cents.
 
Dans un récent rapport, vous évoquez une « éthanol connection » au Brésil. Qu’entendez-vous par cette expression ?
Comme les usines brésiliennes peuvent produire soit du sucre ou soit de l'éthanol à partir de la canne à sucre, elles font varier leur production en fonction du niveau de leurs prix respectifs. Si les prix du sucre sont élevés et ceux de l'éthanol sont faibles, le bénéfice par tonne de canne est plus élevé pour le sucre que pour l'éthanol, et donc les usines seront encouragées à utiliser plus de canne pour la production de sucre et moins pour la production d'éthanol. Il s'agit de ce que nous appelons l’« éthanol connection » : le volume de la production de sucre au Brésil dépend en partie du niveau de prix de l'éthanol, parce que ces prix affectent la rentabilité relative du sucre par rapport à celle de l'éthanol.
 
Pensez-vous que les dernières mesures gouvernementales brésiliennes (avantages fiscaux, crédits) vont permettre une hausse de la production d'éthanol dans le pays ?
Nous n’en attendons pas grand-chose. Nous pensons que ces mesures devraient se traduire par une modeste augmentation des prix de l'éthanol, ce qui devrait améliorer encore son attractivité par rapport au sucre cette année, étant donné que les prix mondiaux du sucre sont faibles et sont susceptibles de le rester pendant le reste de l'année. À notre avis, l'industrie utilisera cette année 46 % de la récolte de canne pour produire du sucre, les 54 % restants étant utilisés pour produire de l'éthanol. L’an dernier, la canne avait été utilisée à parts égales entre le sucre et l’éthanol.
 

Une question ? nous contacter


À la une
© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation