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"Le renforcement de la qualité reste un défi de taille pour l'industrie indienne des épices"

Le 04 décembre 2013 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles


ENTRETIEN 

Entretien avec Shiva Mudgil, analyste senior au département Food & Agribusiness de Rabobank.


Quels sont les principaux importateurs d'épices indiennes ?
Les principaux importateurs sont les États-Unis (16 %), l'Union européenne (15 %), la Chine et la Malaisie. Les produits à base de menthe et les huiles épicées sont principalement importés par les Etats-Unis, l'Union européenne et la Chine. Le piment est quant à lui essentiellement exporté vers la Malaisie, le Sri Lanka et le Pakistan.
 
Comment l'industrie indienne des épices peut-elle répondre aux évolutions de la demande internationale pour conserver son rang de leader ?
La demande mondiale d’ingrédients épicés à valeur ajoutée s’est considérablement appréciée au cours de ces dernières années. Les acteurs indiens doivent se concentrer sur leur approvisionnement en matières premières pour répondre aux normes de qualité et de sécurité à l'échelle mondiale pour les produits finis. Les pays développés insistent sur les normes de qualité et de sécurité en appliquant une tolérance zéro sur certains pesticides et sur la traçabilité des matières premières. Ces normes font qu'il sera difficile, pour l'Inde, de répondre à l’avenir à la demande croissante en provenance de l’étranger. Bien que l'industrie travaille à s'engager avec les agriculteurs à intégrer ces considérations, ce processus reste lent et progressif. Par ailleurs, des pays deviennent de sérieux concurrents pour l’Inde sur quelques épices, c’est le cas de la Chine avec le piment et du Vietnam avec le poivre.
 
Comment l’industrie indienne des épices peut-elle évoluer pour s’adapter à ces exigences ?
La chaîne d’approvisionnement depuis les exploitations reste insuffisamment structurée. La majeure partie des épices sont produites au sein d'exploitations de taille minime, qui occuperont toujours une place importante à l’avenir. La majorité des producteurs d’épices en Inde sont des sociétés contrôlées par une famille très soudée et manquent de professionnalisme dans leur gestion. Le goût du risque de ces sociétés est limité du fait de leur spécialisation sur un type d’épices et un territoire donné. L'agriculture "contractuelle", où les industriels imposent leurs obligations aux agriculteurs, n’en est encore qu’à ses balbutiements. La propriété de la terre est interdite aux entreprises pour les cultures agricoles, sauf quelques-unes comme la cardamome, le thé et le café. Le renforcement de la qualité restera un défi de taille en matière d’approvisionnement. Par ailleurs, la dépendance à l'égard des conditions climatiques induit une forte volatilité en quantité et en qualité.
 
Se dirige-t-on vers une consolidation du marché ?
Compte tenu de l'influence croissante de l'Inde dans l'industrie mondiale des épices, les investissements transfrontaliers sont amenés à progresser à court et à moyen terme. Alors que des entreprises indiennes assurent l'approvisionnement dans d'autres pays depuis des implantations étrangères, les acteurs mondiaux vont chercher à s’implanter en Inde pour satisfaire leurs exigences. Les entreprises indiennes acceptent timidement l'idée de partenariats stratégiques pour élargir leur base géographique et leur panel de produits. La consolidation de l'industrie des épices de marque peut commencer avec de grands acteurs régionaux qui aspirent à se développer à l'échelle du pays.

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