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« Le rebond de la production américaine de maïs fera progresser la consommation mondiale »

Le 07 mai 2013 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles


ENTRETIEN 

Entretien avec Matthieu Çaldumbide, responsable du service économique et syndical de l’Association générale des producteurs de maïs.

 

Selon le département américain de l’Agriculture (USDA), la production mondiale de maïs reculera de 3,01 % au terme de la campagne 2012/2013. Cette perspective se confirme-t-elle ?
L’Argentine est actuellement en pleines récoltes, tandis qu’elles se terminent au Brésil. Les estimations de l’USDA sont manifestement en ligne avec nos projections, c’est-à-dire une baisse de la production mondiale pour la campagne 2012/2013. Cette baisse, due en partie à la sécheresse de l’été dernier qui a touché les Etats-Unis, est partiellement compensée par une hausse de la production en Amérique du Sud. Sur le continent européen, les rendements ont également souffert des conditions climatiques. La production de l’Union européenne est en net recul. En Ukraine, la hausse des surfaces ensemencées a permis de compenser la baisse des rendements.
 
Les perspectives de production en progression pour la campagne 2013/2014 (+ 3,8 %) pèsent sur les prix. Vont-ils poursuivre leur reflux au cours des prochains mois ?
Depuis le début de l’année, les prix mondiaux sont à la baisse, avec en toile de fond les annonces récentes et relatives à la production aux Etats-Unis pour la campagne 2013/2014. Les projections sont de l’ordre de 370 Mt. Cela a permis de détendre la situation, et de donner des signes baissiers aux marchés.
 
Si l’on compare les prix actuels et ceux en vigueur il y a un an, ils sont à peu près au même niveau sur le marché européen, avec une production attendue en hausse. Dans les prochains mois, le comportement des prix évoluera en fonctions des objectifs atteints ou non.
L’actualité de ces jours-ci concerne le retard des semis aux Etats-Unis, puisque seuls 12 % de ceux-ci sont réalisés contre la moitié, en moyenne, à la même période. L’an passé, ils avaient atteints les 70 %. Il s’agit du plus important retard depuis 1984. Un certain nombre de questions se pose depuis la semaine dernière, avec une météo exécrable sur la Corn Belt. La première question concerne les retards : ne sont-ils pas trop importants et ne vont-ils pas pénaliser les rendements ? La deuxième question est de savoir si ces retards ne vont pas conduire à un léger transfert du maïs vers le soja, qui peut être semé plus tard.
 
En France, quelles sont vos attentes en termes de production et de rendements pour les campagnes 2012/2013 et 2013/2014 ?
Pour la campagne 2012/2013, la production a été satisfaisante avec un rendement que l’Association générale des producteurs de maïs estime à 96 quintaux par hectare en maïs grain. Pour la campagne qui s’annonce, nous tablons sur une augmentation de la surface de 50 000 à 60 000 hectares. Ces projections sont liées à des gains de surfaces, notamment en région Centre, dans  l’Ouest et en Poitou-Charentes. Nous en sommes à la phase des semis (60 à 65 % du maïs grain est semé) avec un peu en retard. Il n’y a encore rien d’inquiétant.
 
Comment la France se situe-t-elle dans le paysage européen de la production de maïs ?
Dans l’Union européenne, la France reste le premier producteur en volume, mais la Roumanie a plus de surface de maïs grain. Par le jeu des rendements, la France est toujours le premier producteur devant la Roumanie, la Hongrie et l’Italie. Elle est le premier exportateur de l’Union européenne, avec environ 50 % de ses volumes commercialisés dans les échanges intra-Union européenne. Si on regarde l’Europe au sens plus large, l’Ukraine a pris la première place, avec une production de l’ordre de 20 Mt au cours des deux dernières campagnes, contre 15 Mt en France. L’Ukraine devient un pays maïsicole de premier rang, à l’échelon européen et mondial, puisqu’il s’inscrit dans le « top 4 » des pays exportateurs (Etats-Unis, Brésil, Argentine, Ukraine). C’est un réel concurrent. Cela modifie la structure des échanges sur l’ensemble du continent.
 
En 2013/2014, la hausse attendue de la production européenne va-t-elle entrainer une baisse des importations ?
En toute logique, oui. Cette année, l’Union européenne va importer environ 10 Mt. Le bilan sera légèrement supérieur à l’équilibre, notamment grâce aux importations, essentiellement brésiliennes et ukrainiennes. Si la production 2013/2014 est au rendez-vous, avec une surface qui est stable en maïs grain, la production peut de nouveau être comprise entre 63 et 66 Mt. A ce moment-là, les importations devraient mécaniquement baisser, mais cela est aussi fonction des prix.
 
Ces dernières années, la part des Etats-Unis dans les exportations mondiales de mais s’est réduite. Cette tendance va-t-elle se poursuivre ?
La part des Etats-Unis s’est réduite progressivement : elle s’est stabilisée autour de 50 %, puis elle est tombée à 38 % sur la campagne 2012/2013, en raison de la baisse de production. Si les Etats-Unis reviennent l’an prochain à un niveau de production proche de 370 Mt, la consommation mondiale de maïs progressera et la part de marché des Etats-Unis remontera autour de 60 %.
 

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