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"La spéculation actuelle sur les prix du maïs paraît surestimée"

Le 28 juin 2013 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles


ENTRETIEN 

Entretien avec Christophe Terrain, président de l’Association générale des producteurs de maïs.

 
Comment expliquez-vous les multiples variations de prix du maïs enregistrées ces derniers mois ?
Ces mouvements de prix reposent sur les espoirs de production partout dans le monde, sur les surfaces emblavées et en l’absence d’accidents climatiques. Il s’agit d’une spéculation qui paraît surestimée : les stocks globaux disponibles ne se sont pas améliorés de façon importante. Malgré les bonnes intentions de semis et de collecte, il convient d’attendre les périodes de récolte pour se prononcer. On ne sait pas si la petite alerte de sécheresse à l’Ouest de l’Europe pourra se réitérer. En 2012, les prix n’ont vraiment basculé qu’à la mi-juin, à la hausse. A cette époque-là, des acteurs, dont les meuniers et les fabricants d’aliments, misaient sur la baisse des prix.
 
Quelles sont vos prévisions de production sur la campagne 2013/2014 ?
Nous pensons que cette année sera moyenne en termes de rendement, à cause des difficultés de mise en place des cultures, en lien direct avec la météo du printemps. On peut perdre trois à quatre quintaux par hectare par rapport aux années précédentes, mais il est encore trop tôt pour se prononcer véritablement.
 
Disposez-vous de prévisions de prix ?
Nous ne disposons pas encore de prévisions de prix. Toutefois, le marché Euronext nous permet de dire que les prix sont en recul de quarante euros par tonne entre les campagnes 2011/2012 et 2012/2013. Ces prix-là peuvent nous rapprocher des prix de revient. Le marché peut cependant très bien se redresser à tout moment. Nous allons permettre à nos acheteurs du monde animal de redevenir compétitifs.
 
Selon le département américain de l’Agriculture, la production brésilienne de maïs devrait atteindre le niveau record de 77 Mt en 2012/2013. Quelle en est l’influence sur le paysage maïsicole mondial ?
Elle influe parce qu’elle vient "déborder" jusque dans les pays du Maghreb, qui achètent tour à tour du mais brésilien et ukrainien. En cela, la production brésilienne bouscule nos marchés. L’Ukraine, par conséquent bousculée, revient vers l’Espagne, ce qui nous affecte également. L’Espagne, qui était hier un de nos principaux marchés, l’est moins aujourd’hui, en répercussion de la pression de l'Ukraine et du Brésil.
 
Quelles seront les conséquences de la réforme de la politique agricole commune (PAC) ?
Il s’agit d’un transfert important de crédits qui étaient destinés au végétal vers l’animal. De nombreux éléments de la PAC sont laissés à la discrétion des Etats. Nous souhaitons le même accompagnement que dans les Länder allemands dans les domaines de dans les domaines des grains et notamment du maïs. Pour les professionnels du végétal, le risque est une distorsion de concurrence par rapport aux autres pays européens, notamment l’Allemagne.
 

 


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