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L’optimisation des dépenses en capitaux a remplacé la croissance à tout prix

Le 07 novembre 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Entretien


ENTRETIEN 

Entretien avec Lee Downham, associé responsable Ernst & Young’s Global Mining & Metals Transaction

 

Constate-t-on une diminution du nombre de fusions-acquisitions dans le secteur minier ? 
Oui, il y a eu un recul au cours des neuf premiers mois de l’année, tant en valeur qu’en nombre d’opérations. Il y a eu cependant 24 opérations de plus de 1 milliard de dollars cette année, contre 21 l’an dernier, mais la valeur moyenne d’une opération a sensiblement baissé. Les fusions seront d’une ampleur plus limitée que par le passé. 
 
Les actionnaires sont-ils devenus plus prudents que les dirigeants des compagnies minières ? 
Ils sont devenus plus exigeants en matière de dividendes. Ils sont réticents à valider des acquisitions ou des investissements d’envergure dont le retour est aléatoire. Avec moins de capitaux disponibles, les dirigeants des grands groupes miniers doivent procéder régulièrement à des examens de leurs portefeuilles d’actifs. Des cessions d’actifs considérés comme secondaires peuvent leur fournir les capitaux nécessaires à des investissements. Dans un environnement difficile, l’optimisation des dépenses en capitaux a remplacé la croissance à tout prix.  
 
Les grands pays émergents sont-ils toujours les acteurs principaux dans les fusions-acquisitions ?
La Chine a toujours un rôle primordial. Ses sociétés ont toujours accès à des financements importants via les banques ou les fonds contrôlés par l’Etat. Les maisons de commerce japonaises et des fonds originaires du Moyen-Orient, ainsi que le Kores coréen* et, dans une moindre mesure, des sociétés indiennes, ont également été actifs dans les rachats. La baisse de valeur des projets et les cessions d’actifs offrent des opportunités pour les compagnies qui disposent de liquidités. 
La région Asie-Pacifique a été la plus active dans les opérations durant les neuf premiers mois de l’année, tant comme destination que comme pays d’origine des compagnies acquéreuses. En valeur, la Chine était numéro un alors qu’en volume, c’est l’Australie qui arrive en tête. Malgré des risques importants, l’Afrique est la deuxième destination des acquisitions. 
 
Quelles sont les matières attirant le plus d’opérations ? 
Bien qu’en retrait par rapport à l’année précédente, c’est toujours le charbon qui est la matière la plus convoitée, représentant des opérations pour une valeur globale de 14,8 milliards de dollars, soit 20% du total. Une part importante de ces opérations consiste, en particulier en Australie et en Chine, à la fusion de compagnies australiennes ou chinoises, aboutissant à une plus forte centralisation du secteur. Le cuivre, qui arrive en deuxième place avec une valeur de 12,5 milliards de dollars, attire toujours les convoitises en raison de ses fondamentaux solides – urbanisation et industrialisation sont toujours en marche dans les pays émergents – et de la rareté des actifs de qualité. Le secteur aurifère, qui arrive en troisième place, mais avec le plus d’opérations (227), est également dominé par la volonté de consolider les productions nationales. Volonté d’intégration verticale et nécessité de protéger les marges étaient à l’œuvre derrière les rachats de sociétés dans l’acier, les terres rares, le lithium ou l’uranium. 
 
Comment se financent les compagnies actuellement ? 
Pour la première fois depuis 2009, les levées de fonds auront reculé en 2012. Un reflux qui touche toutes les catégories à l’exception des obligations. Les introductions en Bourse sont en fort recul et ne concernent plus que les sociétés incapables de se financer autrement, ou qui doivent rapidement se désendetter. Ce sont les émissions d’obligations qui ont le vent en poupe. En neuf mois, leur valeur combinée a déjà dépassé celle de l’an dernier. Les fonds asiatiques ou du Moyen-Orient vont continuer à financer le secteur minier ainsi que les fonds d’Etat chinois. 
 
Les juniors sont-ils à la peine ?
La situation est difficile pour les petits mineurs, les juniors, et certains devront sacrifier leur indépendance. En manque de capitaux, ils doivent conclure des contrats préliminaires de vente de leur minerai, ou des participations minoritaires. Dans tous les cas, leur développement sera fortement ralenti. 
 
*  L’équivalent de notre BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), mais avec des capitaux pour investir dans les mines et stocker des matières considérées comme stratégiques.
 


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