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"L’offre en produits agricoles réagira au moins à moyen terme à la faiblesse des prix"

Le 18 décembre 2013 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles
Michaela Kuhl
Michaela Kuhl
Commerzbank

ENTRETIEN 

Entretien avec Michaela Kuhl, analyste matières premières chez Commerzbank.


Vos prévisions 2014 sur les marchés des produits agricoles sont intitulées "Beaucoup de surplus – pour l'instant du moins !" Pourquoi ce choix ?
Nous constatons une offre excédentaire sur de nombreux marchés. Cela ne sera toutefois pas forcément le cas à l’avenir. Sur plusieurs marchés, comme ceux du café arabica et du sucre, les prix ont chuté à de tels niveaux que les coûts de production ne sont pas couverts pour de nombreux producteurs. L’offre réagira au moins à moyen terme à la faiblesse des prix et des déficits peuvent survenir dans un avenir proche.
 
A quelle échéance l'offre excédentaire en maïs, blé ou oléagineux pourrait-elle se restreindre ? 
Le Conseil international des céréales a récemment publié ses projections à cinq ans. Il prévoit une forte diminution de l’excédent sur le marché du maïs au cours de la prochaine campagne, ce qui nous semble être une hypothèse raisonnable. Le marché du blé sera équilibré l’année prochaine, alors que le marché des oléagineux sera probablement excédentaire en 2014-2015. Cependant, personne ne sait si ces prévisions seront confirmées, étant données les incertitudes météorologiques. Et même si il y a un surplus sur un marché spécifique, cela ne signifie pas que le rapport stocks-utilisation va augmenter. Par exemple, il va rester à un niveau très bas dans le cas des graines de soja.
 
Le ratio stocks mondiaux/consommation de soja reste faible. Prévoyez-vous des tensions, tant en termes d’offre que de prix, sur cet oléagineux ? 
La demande internationale robuste est susceptible d’empêcher une hausse considérable des très faibles stocks américains en 2013-2014, malgré une bonne récolte aux États-Unis. Les exportations américaines sont en hausse, de telle sorte que le Brésil soit en une bonne place pour défendre sa position récemment atteinte de premier exportateur mondial. L’augmentation prévue des volumes du commerce mondial est presque entièrement due à une augmentation de 9 millions de tonnes (Mt) des importations de la Chine à 69 Mt. Dans un contexte d’attente d’un excédent mondial en 2013-2014 et d’une perspective positive pour la récolte 2014 des États-Unis, il est peu probable qu’un sentiment de rareté s’établisse sur le marché du soja dans un avenir proche, même avec un ratio stocks/consommation qui reste faible.
 
Contrairement à de nombreux autres produits, les prix du cacao ont fortement augmenté en 2013 et devraient continuer à grimper en 2014. Quels sont les motifs de cette hausse ? 
Un scénario modéré est probable. Bien qu’en hausse, l’offre serait de nouveau incapable de suivre le rythme de hausse de la demande en 2013-2014. Le déficit pourrait s’avérer légèrement inférieur à celui de l’année 2012-2013. L’Organisation internationale du cacao (ICCO), qui avait précédemment estimé un déficit de 52 000 tonnes pour 2012-2013, s’attend à un déficit beaucoup plus élevé dans son dernier rapport trimestriel, en l’estimant désormais à 160 000 tonnes. Pour la campagne 2013-2014, la plupart des prévisions envisagent un déficit de plus de 100 000 tonnes. L’ICCO avait déjà mis en garde au début de l’année quant à la possibilité que des déficits structurels puissent survenir au cours des prochaines années. Nous pensons que les prix du cacao vont poursuivre leur hausse.
 
Comment le possible changement de politique de la Chine peut-il influer sur le marché mondial du coton ? 
La grande question pour 2014 réside dans la façon dont les décideurs politiques chinois soutiendront leurs producteurs de coton à l’avenir. Jusqu'à présent, leur politique a été d’acheter leur coton à des prix minimum, qui ont été bien au-dessus des niveaux internationaux, et de le stocker. Cette pratique a provoqué une forte hausse des stocks : la Chine détient plus de la moitié des réserves mondiales de coton. En raison des prix intérieurs élevés, de nombreux fabricants chinois de coton se sont tournés vers les importations, ce qui maintient celles-ci à un haut niveau. Si la Chine doit maintenant poursuivre une politique de subvention directe au lieu de maintenir des prix artificiellement élevés du coton, les fabricants chinois de coton sont susceptibles de continuer à réduire leurs importations. Les ventes de coton depuis les entrepôts de l’Etat pourraient exacerber cet effet. Ces événements se passent à un moment où il n’y a clairement pas de pénurie sur le marché international du coton. Pour la troisième saison consécutive, l’offre de coton a dépassé la demande. Le Comité consultatif international du coton prévoit un surplus mondial en 2014-2015.

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