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Face à la pénurie et aux prix élevés des polymères, les fabricants d’emballage vont accroitre le recyclage

Le 08 mars 2012 par Daniel Krajka
* Mots clés :  Entretien


ENTRETIEN 

 

Entretien avec Françoise Gerardi, déléguée générale d’Elipso, le syndicat des fabricants d’emballages plastiques souples. 

 

Quand a débuté la hausse actuelle des matières plastiques ?

Il y a d’abord eu une petite augmentation des prix en décembre dernier, puis trois hausses successives d’une centaine d’euros chacune en janvier, février et mars 2012. Une hausse qui touche l’ensemble des polymères.

 

Comment expliquer cette forte tendance haussière ?

Elle est tout d’abord liée au fort rebond des cours du pétrole brut depuis le début de l’année, auquel s’est ajoutée la faiblesse de l’euro vis-à-vis du dollar. Comme en 2009, le prix de l’essence a fortement augmenté, réduisant la demande et participant à la réduction des capacités de raffinage en Europe. La fermeture de plusieurs raffineries a sensiblement limité l’offre de naphta et de ses dérivés, éthylène et polypropylène. Avec des unités relativement anciennes, les coûts de raffinage sont également relativement élevés en Europe.

 

Qu’en est-il dans les autres zones géographiques ?

En Chine les capacités de raffinage sont souvent modernes alors que les nouvelles unités construites au Moyen-Orient sont alimentées par du gaz naturel relativement bon marché. En 2010 déjà il y avait un écart substantiel avec les prix pratiqués en Asie. La Turquie bénéficie également d’importations peu chères en provenance du Moyen-Orient. En Europe, la pétrochimie est locale et pratique des prix européens, plus élevés que dans les autres zones.

 

Quelle est l’importance du prix de la matière première dans vos produits ?

Elle est décisive ; pour un PET, un film, ou une préforme la matière représente 70% du prix de revient. Pour un flacon lessiviel ce taux atteint encore 65%.

 

Comment gérez-vous ces hausses ?

Les hausses à répétition sont particulièrement difficiles à répercuter. Nos clients ne peuvent les absorber et en conséquence elles pèsent lourdement sur les entreprises du secteur.

 

Quel est l’état du marché pour les produits plastiques souples ?

La demande n’est pas catastrophique, elle n’est pas particulièrement forte non plus. L’activité est moyenne, mais il y a un manque de visibilité évident. Dans l’ensemble du secteur des emballages plastiques et souples en Europe, ça tourne pas mal, mais les commandes sont toujours à court terme.

2011 a été en moyenne plutôt correcte, avec un très bon premier semestre et une chute de la demande durant la deuxième moitié de l’année.

Dans la branche emballage de la cosmétique et de la parfumerie, la demande a été très soutenue en 2011 et devrait continuer de croître en 2012. Une situation qui s’explique par la mondialisation de ce marché tiré par des pays comme les Etats-Unis, le Brésil et la Chine.

 

Quels sont les solutions pour faire face à la hausse continue des matières premières ?

Nous mettons en place trois types de stratégies d’approvisionnement alternatives. Il faut en premier augmenter la part de matières recyclées dans nos produits. Nous travaillons avec Eco-Emballages depuis 2009 pour accroitre la collecte et le recyclage de nos emballages. En utilisant le recyclage mécanique – lavage, broyage – nous avons fait des avancées dans le recyclage du PET à contact alimentaire. La recherche avance sur d’autres matières. D’ici à trois ans nous devrions également utiliser des polyéthylènes et des polypropylènes issus du recyclage, également pour le contact alimentaire. 

D’autres sociétés travaillent au recyclage chimique consistant à recraker des matières plastiques usagées.

Enfin, nous développons les plastiques biosourcés. La chimie du végétal est une voie qui prend du sens, à condition toutefois que tous les approvisionnements ne viennent pas que du Brésil. La recherche avance en particulier sur l’acide téréphtalique qui ne peut encore être biosourcé, mais un PET en partie biosourcé est sur le marché de même que le PE.

Cette diversification de sources est également utile à la réduction de l’empreinte carbone de notre industrie.

 

Ou en sont les économies de matières ?

L’allégement est une stratégie centrale, qui permet également de faire face aux obligations en termes d’environnement. Il faut toutefois prendre soin que les processus d’allégement soient adaptés à la ligne de conditionnement. En 15 ans nos produits ont été allégés en moyenne de 40%, pour les sacs ce pourcentage grimpe même à 80%. Cet allégement a permis que le prix d’un sac biosourcé qui était 8 fois plus cher qu’un sac traditionnel ne soit plus que deux fois plus cher actuellement. 


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