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« En 2013/2014, la production de blé tendre pourrait être égale ou légèrement supérieure à celle de l’année précédente »

Le 28 mai 2013 par Franck Stassi
* Mots clés :  Entretien, Produits agricoles


ENTRETIEN 

Entretien avec Rémi Haquin, vice-président de l’Association générale des producteurs de blé et président du conseil spécialisé « céréales » de France AgriMer.

 
 
Le Conseil international des céréales estime à 655 millions de tonnes (Mt) la production de blé au terme de la campagne 2012/2013, et à 680 Mt pour la campagne 2013/2014. Ces perspectives se confirment-elles ?
Il est encore un peu tôt pour se prononcer et pour connaitre les conséquences d’un printemps un peu tardif en Europe de l’Ouest. Les céréales sont en retard par rapport à la moyenne de ces dernières années. Aujourd’hui, il n’y a pas vraiment de craintes de dégâts. Il est également assez difficile de savoir si un printemps un peu chaud et sec aura des répercussions sur les cultures en Russie et en Ukraine. Les chiffres du Conseil international des céréales sont plutôt des projections par rapport aux surfaces qui sont connues et aux récoltes habituelles.
 
Le blé dur est soumis, selon France AgriMer, à une forte concurrence en raison d’une attractivité réduite en termes de prix par rapport au maïs, aux oléagineux et au blé tendre. Quelles en sont les raisons ?
Nos principaux concurrents sont canadiens. Par contre, au niveau français, l’alternative est le blé tendre. Généralement semé à l’automne comme le blé tendre, le blé dur rencontre assez peu de concurrence avec le maïs et les protéagineux. Le différentiel de prix va inciter les agriculteurs à semer du blé dur dans les régions où cela est traditionnellement pratiqué (le Sud et le Centre). Le blé dur est un peu plus délicat et un peu plus risqué que le blé tendre, donc l’agriculteur attend une surprime qui lui permet de compenser ce risque.
 
Quels sont les volumes de production et de consommation entre le blé tendre et le blé dur en France et dans le monde ?
En France, sur une production comprise entre 35 et 36 Mt de blé tendre en moyenne, environ 15 Mt sont utilisées sur le marché français et entre 17 et 18 Mt sont exportées. La production de blé dur s’élève quant à elle à environ 2,4 Mt. A peu près 600 000 tonnes sont consommées, et environ 1,6 Mt sont exportées. L’Italie et l’Afrique du Nord sont nos principaux clients. Dans le monde, sur une production totale de blé d’environ 655 Mt, le blé tendre représente 620 Mt et le blé dur 35 Mt.
 
En France, quelles sont vos prévisions pour les campagnes 2012/2013 et 2013/2014 de blé ?
Pour 2012/2013, un rendement de 73,3 quintaux par hectare semble se préciser. La production de blé tendre devrait s’élever à 35,6 Mt. En blé dur, le rendement s’élèverait à 54 quintaux par hectare, et la production à 2 360 000 tonnes. Pour la campagne 2013/2014, il est encore difficile de se prononcer : si le mois de juin est très chaud, les blés pourraient être pénalisés par une « finition » trop rapide. Par contre, si le mois de juin est un peu couvert et si le mois de juillet n’est pas trop chaud, un rendement de 72,7 quintaux par hectare en moyenne sur les cinq dernières années est encore atteignable. La surface semée en blé tendre est de 4 978 000 ha. Ce sont, aujourd’hui, les seuls chiffres disponibles. Si la tendance se confirme, la production pourrait donc être égale voire légèrement supérieure à celle de l’année dernière.
 
Selon l’USDA, la production russe de blé rebondirait en 2013/2014, à 56 Mt. Ce retour aux niveaux antérieurs de production vous semble-t-il durable, et pourrait-il affecter les exportations européennes ?
On constate depuis cinq ans que le « bloc » de la Mer Noire, composé  de la Russie, de l’Ukraine et du Kazakhstan, a une forte influence sur le prix mondial du blé. Si ces trois pays, gros exportateurs de blé, ont une très bonne récolte ou s’ils subissent une sécheresse importante à l’instar de la campagne 2012/2013 (on parle d’une production de 38 Mt en Russie, contre 56 Mt en 2011/2012), cela a des répercussions sur le marché mondial. Ils sont très sensibles aux gels hivernaux et aux sécheresses en fin de printemps. Dès que la Russie dépasse la barre des 56 Mt, elle est en position d’exporter de manière relativement conséquente. Tant que la moisson n’est pas encore réalisée, on ne sait pas trop quel sera le résultat final. Cette année, les conditions climatiques sont chaudes et sèches. Ces pays sont revenus en 2006/2007 sur la scène internationale du blé. Une partie des courbes en dents de scie que l’on observe depuis cinq ans y est liée : autant la production française est relativement stable (les mauvaises années la production atteint 33 Mt, les bonnes années 37 Mt), autant les pays du « bloc » de la Mer Noire affichent des chiffres très disparates d’une année sur l’autre.
 

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