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Total lance son piège à CO2

Le 09 février 2007 par Rédaction L'Usine Nouvelle
* Mots clés :  Total
co2
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Le groupe pétrolier annonce le premier projet intégré de captage et de stockage géologique de dioxyde de carbone en France.

Différentes expérimentations de captage et de stockage de CO2 sont menées à travers le monde : en Mer du Nord, le groupe pétrolier Statoil l'injecte dans un bassin aquifère à 1 000 mètres de profondeur sous le plancher océanique ; en Pologne, le projet européen Recopol vise à stocker le gaz à effet de serre (GES) dans une veine de charbon ; au Danemark,le projet Castor, piloté par l'Institut français du pétrole (IFP), est un autre « piège à CO2 ». D'autres expériences sont menées au Texas, au Canada, en Algérie...

Mais c'est une première en France. Le dispositif que Total a présenté hier, consiste à capter puis à stocker 150 000 tonnes de gaz carbonique à 4 500 mètres de profondeur dans un ancien gisement de gaz naturel du bassin de Lacq. « Ce projet illustrera la contribution que le captage et le stockage de CO2 peuvent apporter à la réduction des émissions de gaz à effet de serre des installations industrielles. Il représente la première chaîne intégrée de captage de CO2 par oxycombustion associée à un stockage dans un ancien gisement terrestre d'hydrocarbures », souligne Christophe de Margerie, directeur général exploration-production du groupe pétrolier.

L'idée est simple : il s'agit de capturer le gaz carbonique issu d'une chaudière de 30 mégawatts de l'usine de Lacq, servant à produire de la vapeur et de l'électricité. La combustion dans cette unité sera réalisée à l'oxygène (oxycombustion) au lieu de l'air. Cette technique « permet d'avoir des fumées avec du CO2 à 95 %, au lieu d'une proportion de 3 à 15 % pour une chaudière ordinaire », explique Jean-Michel Gires, directeur du développement durable de Total. Le CO2 ainsi capturé, sera comprimé puis transporté par un gazoduc sur l'ancien gisement de Rousse (Pyrénées-Atlantiques) à 30 kilomètres de Lacq où il sera injecté.

Le site de stockage a été choisi après des mois d'études préliminaires et présente suffisamment de « garanties de pérennité », estime le groupe. « Tant que le gaz est sec, il n'y a pas de réaction avec la roche. En revanche, mélangé avec de l'eau, le CO2 devient acide et à tendance à ?manger? le calcaire », explique Jean-Michel Gires. La condition est donc que la couche argileuse qui le recouvre soit parfaitement étanche. « Si elle ne l'était pas, on aurait pas trouvé de gaz retenu depuis des millions d'années », précise le spécialiste.

Le projet, qui deviendra opérationnel en novembre 2008 et dont le coût s'élèvera à 60 millions d'euros, sera réalisé en partenariat avec Air Liquide, l'IFP et le Bureau de recherche géologique et minière. Cette technologie reste cependant très onéreuse : entre 60 et 100 euros par tonne de CO2. A titre de comparaison, le cours de la tonne de dioxyde de carbone se négocie aujourd'hui sous les 1,50 euro sur Powernext !

Pascal Coesnon


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