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Vale Inco lutte contre le temps

Le 27 avril 2010 par Rédaction L'Usine Nouvelle


Après l’accident survenu mercredi dernier au cœur de son usine calédonienne, le géant minier met tout en œuvre pour identifier les causes de l’effondrement d’une colonne d’extraction. La société israélienne Bateman, qui a fourni les éléments incriminés, est sur la sellette.

 

Cinq jours après la rupture d’une colonne d’extraction

 

La situation est grave mais pas désespérée. Tel pourrait être le premier bilan du nouvel accident survenu le 21 avril dernier au cœur de l’usine hydrométallurgique construite par Vale Inco dans le Sud de la Nouvelle-Calédonie. L’affaire était pourtant mal partie. La rupture d’une colonne d’extraction d’une hauteur de 40 mètres, contenant 690 m3 d’une solution de minerai additionnée d’acide chlorhydrique et de solvants, a fait l’effet d’une bombe sur ce petit territoire où le géant brésilien s’apprête à exploiter l’usine de production de nickel la plus moderne du monde.

 

Echaudées par un premier accident survenu le 1er avril 2009 (une fuite massive d’acide sulfurique due à la rupture d’un joint d’étanchéité), les autorités ont d’abord brandi à mot couvert la menace d’une suspension immédiate de l’ensemble des installations. Une hypothèse catastrophique pour Vale. Mais l’industriel a retenu la leçon du précédent incident. Alors que son mutisme avait suscité colère et incompréhension voilà un an, Vale a choisi cette fois la transparence. Du coup, vendredi, soit 48 heures après la rupture de la colonne, la province Sud - collectivité locale compétente en matière d’environnement et d’installations classées - a choisi de suspendre temporairement les seules installations concernées, à savoir les unités primaire et secondaire d’extraction.

 

Sur place, la colonne qui s’est effondrée mercredi est toujours en partie maintenue par la structure métallique qui l’entourait. Les équipes achèvent actuellement de sécuriser la zone avant de passer au démontage proprement dit. Parallèlement les sept autres colonnes de l’unité d’extraction primaire (où l’on extrait de la solution de minerai le nickel, le cobalt et le zinc) sont en train d'être vidangées. Les opérations doivent se terminer d’ici à mercredi.
La société israélienne Bateman, fabricant de la colonne effondrée, disposait sur place d’une équipe venue superviser les opérations de commissioning. Au vu de l’ampleur de l’incident, une autre équipe est attendue dans les prochains jours. Et ce d’autant que Bateman, qui a livré les sept colonnes d’extraction primaire, est aussi le fabricant des colonnes d’extraction secondaire (dans lesquelles on isole le nickel pour en faire de l’oxyde de nickel et le cobalt pour obtenir du carbonate de cobalt). Pour l’heure, la société est dans la ligne de mire de Vale et des autorités . « Nous allons vérifier l’ensemble des équipements concernés (par l‘incident) », confirme Laurence Kuntz, directrice de la communication. La province Sud, elle, compte « procéder à une inspection minutieuse », a indiqué Philippe Michel, deuxième vice-président de la collectivité.

 

En attendant, la colonne incriminée fait déjà l’objet d’une inspection poussée de la part de Vale Inco et des autorités calédoniennes, qui travaillent de concert à la validation d’un « plan d’enquête et d’inspection ». La Lloyd’s a pour sa part été mandatée par Vale pour établir un diagnostic exhaustif de la situation. Le directeur délégué de Vale Inco Nouvelle Calédonie, Jean-François David, a évoqué vendredi l’hypothèse d’une cause « structurelle », rejetant ainsi l’idée d’une défaillance humaine et rajoutant un peu de pression sur les épaules de Bateman.

 

Pour Vale, la question centrale reste de savoir si ces équipements vont devoir être remplacés. Une opération longue et coûteuse qui ferait prendre plusieurs mois de retard à un chantier qui dépasse aujourd’hui les 4,3 milliards de dollars d’investissement. Et surtout une tuile au plus mauvais moment : lorsque l'incident s’est produit, le taux de mise en service de l'usine était établi à 88,9 %. La lixiviation, la production d'acide, la mise en pulpe et la plupart des auxiliaires avaient été validés. Restait à contrôler la phase de raffinage. Celle-là même qui est réalisée dans les tours d’extraction primaire et secondaire.

A l'heure actuelle, il est encore trop tôt pour estimer les coûts engendrés par l’accident et le calendrier de remise en service de la zone concernée. L’année dernière, à la suite de la fuite d’acide sulfurique, l’industriel avait préféré remplacer tous les joints similaires à celui dont la rupture avait provoqué l’incident. Le même raisonnement pourra-t-il s’appliquer à des pièces aussi imposantes que les colonnes d’extraction ? Chez Vale, on veut rester optimiste. « La phase commerciale est toujours prévue pour 2010 », assure Jean-François David.

 

Samuel Ribot, à Nouméa.

 



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