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Le port de Lagos congestionné

Le 08 avril 2009 par Rédaction L'Usine Nouvelle

Le retard pris dans le déchargement des cargos fait craindre à la population une pénurie d'essence.



Le Nigeria est le premier pays africain producteur de pétrole avec 2,35 millions de barils par jour en 2007, mais faute de capacités de raffinage suffisantes, le pays dépend largement de ses importations. Selon les affréteurs, les cargos chargés de produits raffinés et d'autres marchandises, dont le riz, attendent actuellement deux semaines et demie, au prix de 16 000 euros par jour, avant de pouvoir entrer dans le port de Lagos. Le port absorbe à lui seul 85 % des importations maritimes du pays. Sur les quarante-cinq cargos faisant la queue à l'entrée du port, trente-trois transporteraient des produits raffinés dans leurs soutes.

Lorsqu'ils parviennent enfin à décharger, les marchandises s'ajoutent aux milliers de conteneurs non traités qui encombrent les quais, accuse un responsable du transport maritime local. « A l'heure actuelle, il y a sans doute autour de 50 000 conteneurs au sol qui attendent. Quelques milliers ont même été abandonnés. » Selon Dayo Azeez, un agent des douanes, « les infrastructure du port sont vieilles et ne suffisent plus face au volume de transactions actuel ». A cela s'ajoute des procédures administratives trop lourdes, insiste l'Association nigériane des Chambres de Commerce de l'Industrie, des mines et de l'Agriculture (Naccima). « Actuellement, il faut entre trente-cinq et cinquante jours entre la date d'arrivée d'un conteneur et son dédouanement au Nigeria, contre quatorze jours en moyenne en Afrique de l'Ouest et neuf jours au Ghana. »

Face à ses difficultés récurrentes, aggravées par une grève des agents du fret et des dockers en février dernier, le président nigérian Umaru Yar'Adua a ordonné la création d'une unité spéciale de décongestionnement. Une initiative jugée fructueuse par Abdulsalam Mohammed, le directeur général de l'Autorité portuaire du Nigeria (NPA), qui assure que ces deux derniers mois « nous avons été capables de traiter plus de marchandises qu'il n'en arrive ». D'autre part, des travaux pour l'aménagement de cinq nouveaux ports maritimes et de trois ports intérieurs auraient commencé dans huit Etats, indique Ibrahim Isa Bio, le ministre nigérian des Transports : Niger, Imo, Delta, Rivers, Edo, Anambra, Kogi et Bayelsa. Par ailleurs, sur les quatre-vingt-dix cargos qui attendaient à Lagos en mars dernier, la NPA en a dérouté cinquante-six transportant des produits pétroliers raffinés vers les terminaux de Port Harcourt, d'Onne-Calabar et de Warri.

Donc pas de panique, insiste la Nigerian National Petroleum Corporation, à ceux qui craignent une pénurie de carburant : « Aujourd'hui, nous possédons des réserves de carburant supérieures à trente jours d'utilisation. »

Pascal Coesnon


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