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Effondrement du Baltic Dry Index

Le 16 juillet 2010 par Daniel Krajka


L’indice de référence du tarif du fret sec en vrac a chuté à son plus bas niveau depuis plus de 13 mois, miné par la forte réduction des livraisons de minerai de fer.

En baisse pour la 35e séance consécutive, l’indice composite du transport maritime de matières sèches en vrac, le BDI (Baltic Dry Index) est tombé le 15 juillet à 1 700 ayant perdu 58% de sa valeur depuis le premier juin. Un effondrement qui devrait affoler les marchés car cet indice, qui mesure les tarifs de transport de matières telles le minerai de fer, le charbon ou les céréales, est considéré comme l’un des plus fiables indices avancés de l’activité économique globale. Au plus sombre moment de la récente crise financière il était tombé fin 2008 à 663, ayant vu sa valeur divisée par 15 depuis le début de l’année.

 

« Le BDI démontre l’impact de la demande dans un environnement stable de l’offre », explique Jeremy Penn, le directeur général du Baltic Exchange qui calcule cet indice. Le poids de la Chine est devenu très important dans l’économie mondiale, toutefois ses statistiques ne sont pas encore fiables. Un indice comme le BDI est utile pour corroborer les tendances générales de l’activité. La baisse des importations chinoises de minerai de fer et de charbon, 9 et 8% respectivement, a suffi pour faire plonger le tarif du fret. L’affrètement d’un grand vraquier, qui coûtait encore en mai 48 000 dollars par jour, se négocie actuellement sous les 18 000 dollars.

 

Pour l’analyste de Barclays, Amrita Sen, cependant, la volatilité du BDI est principalement la conséquence de la disparition des prix de référence annuels des intrants de l’acier. Selon le nouveau système mis en place par les grands mineurs diversifiés, et accepté de mauvaise grâce par leurs clients sidérurgistes, la fixation du prix trimestriel dépend du prix spot du trimestre précédent. Un système difficile à mettre en place, la moyenne élevée des prix spot au deuxième trimestre a entrainé une forte hausse du prix de référence pour le troisième trimestre, alors que dans le même temps le prix spot enregistre une baisse sensible.

 

Anticipant une forte hausse au troisième trimestre, les sidérurgistes se sont rués à l’achat à la fin du deuxième trimestre, soutenant ainsi les tarifs du fret. Avec des stocks abondants, il ont ensuite suspendu leurs achats, précipitant la chute des prix spot du minerai, et amplifiant la baisse du BDI. Une tendance baissière qui a bien sûr été encore amplifiée par le ralentissement de la croissance chinoise. Outre la baisse de la demande, les tarifs du fret ont été fortement impactés par l’arrivée massive des nouveaux vraquiers commandés au plus haut du cycle précédent. Malgré les annulations de commandes, la flotte de vraquiers a augmenté de 23% lors du premier semestre.

 

Le gouvernement chinois ne ralenti toutefois pas ses projets de développement de l’intérieur du pays, rappelle Amrita Sen. Après avoir investi 68 milliards de dollars sur 18 grands projets en 2009, il compte investir 100 milliards sur 23 projets en 2010. Ces projets – voies ferrées, centrales électriques, réseaux électriques – qui ne sont pas liés à la conjoncture, vont permettre à l’activité de continuer de croitre à un rythme élevé. Pour les réaliser, laChine devra à nouveau importer massivement du minerai de fer, du charbon et des métaux de base, souligne l’analyste qui attend un rebond du BDI au quatrième trimestre.

 

 

 

 


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