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La consommation de ferrailles stagne

Le 24 juin 2014 par Daniel Krajka


L'importance prise par la Chine dans la sidérurgie mondiale minimise la part des scraps ferreux dans les intrants de l'acier.

 

La production mondiale d'acier s'est encore appréciée de 3% en 2013 pour culminer à 1,607 milliard de tonnes, rappelle la dernière étude publié par le Bureau international du recyclage (BIR). L'an dernier, c'est la production de la filière oxygène (fonte) qui a progressé le plus vite, +3,7% à 1,139 milliard de tonnes, indique Rolf Willeke, le responsable des statistiques de la division ferreux du BIR. Les volumes d'acier produits dans la filière électrique, qui utilise les ferrailles, n'ont augmenté que de 2% à 452 millions de tonnes (Mt). Selon les calculs de l'organisme, l'utilisation des ferrailles dans les fours électriques a fortement rebondi depuis le point bas de 440 Mt en 2009. Elle a atteint 580 Mt l'an dernier. Les ferrailles sont également utilisés dans la filière oxygène. Ce type de consommation a bondi dans le même temps de 56 Mt à 76 Mt. 

 

 

Depuis 2009, la part de la filière électrique dans la production mondiale d'acier a stagné voire régressé. De 28,1% en 2009, elle avait grimpé à 29,2% en 2011 avant de retomber à 28,1% en 2013. De même, la part des ferrailles dans la production globale d'acier qui était de 35,95% en 2009 a progressé à 37,4% l'année suivante avant de redescendre progressivement à 36,1% en 2013. L'augmentation de la consommation de scraps d'acier est donc du uniquement à la hausse globale de la production d'acier. Cette tendance est visible depuis 2000 comme le montre le graphique suivant.

 

 

Cette baisse relative de la part des ferrailles dans la sidérurgie mondiale est liée à la formidable montée en puissance de la sidérurgie chinoise. La Chine qui produit près de la moitié de l'acier mondial utilise massivement la filière oxygène. Elle est cependant la deuxième zone consommatrice de scraps, derrière l'UE, mais avec seulement 85,7 Mt de ferrailles utilisées en 2013 pour une production d'acier de 779 Mt. Inversement les Etats-Unis ont consommé 63 Mt de scraps pour une production d'acier de seulement 86,9 Mt. Hors Chine, la consommation de ferrailles a été en 2013 de 494,3 Mt pour une production d'acier de 828 Mt. Le ratio ferrailles sur production d'acier approche donc les 60%, contre 36% si l'on réintègre la Chine dans le calcul.

 

La demande de ferrailles a reculé en 2013 dans les zones et les pays où la part de la filière électrique est importante. Les consommations de l'Union Européenne, de la Turquie et de la Russie ont reflué de respectivement 4,6%, % et 3,5% et elle a stagné aux Etats-Unis. Elle a toutefois progressé dans les pays asiatiques, Chine (+2%), Japon (+3,2%) et Corée (+0,3%). Les deux grands pays consommateurs de scraps en Europe, l'Allemagne et l'Italie, ont vu leur demande baisser de 1,6% et 4,6%. Mais, si la production sidérurgique allemande a été stable, celle de l'Italie a dévissé de 11,8%. En France, la consommation de ferrailles a chuté de 7,5% alors que la production d'acier s'appréciait de 0,5%.

 

Le commerce des ferrailles en recul

 

En 2013, les grands pays importateurs de scraps ont sensiblement réduit leurs achats, pointe le rapport du BIR. La Turquie a réduit ses importations de 12% à 19,73 Mt, la Corée de 8,6% à 9,26 Mt, l'Inde de 31,1% à 5,37 Mt, la chine de 10,2% à 4,47 Mt et Taïwan de 10,1% à 4,45 Mt. Le commerce international de ferrailles – incluant les échanges intereuropéens – a reflué de 9,5% à 99 Mt. Ce recul a provoqué une baisse de 13,6% des ventes des Etats-Unis qui, à 18,5 Mt étaient l'an dernier au plus bas depuis six ans. Les exports de l'UE ont également chuté de 14,1% à 16,83 Mt.

 

 

Les ventes françaises de ferrailles à d'autres pays européens ont augmenté de 0,9% en 2013 à 5,33 Mt. Les principaux clients sont l'Espagne, la Belgique et le Luxembourg. Hors Europe, les ventes ont chuté de 24,5% à 0,685 Mt. La Turquie absorbe près de la moitié des exportations françaises (0,554 Mt), suivie du Maroc et de la Suisse. La France se situe au cinquième rang mondial pour les exportations de scraps, loin derrière les Etats-Unis et le Japon, mais plus proche de deux autres Européens, l'Allemagne et le Royaume-Uni.

 


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